Elle d’autrefois, un film de Pamela Tulizo

Il s’agit d’un court métrage de 8minutes qui nous renvoie dans le passé à la découverte et la connaissance du pouvoir de la femme katangaise particulièrement, et peut-être même de la femme congolaise, la femme africaine, la femme universelle, pourquoi pas, toute femme peut s’inspirer de ce modèle.

Par Brianca Buhoro

Pamela Tulizo

Elle d’autrefois…

Le titre même du film incite à une sorte de curiosité, il indique du coup qu’il s’agit d’un parcours à retracer ! Un son de tambour folklorique et une image quasi immobile d’une femme, tel est le début d’« elle d’autrefois », ensuite apparaissent des femmes en tenue uniforme, on penserait à une marche politiqué ou un défilé avant que ne bascule l’image suivante représentant des femmes torse nue… en s’arrêtant là, on croirait à une sorte d’activité culturelle, mais hélas… ! la suite fait comprendre qu’il s’agit d’une lutte, d’un combat, d’une bataille des plus faibles contre les plus forts, il s’agit d’un cri de ras-le-bol de la femme katangaise.

Tout se passe dans la province de Katanga, la scène commence par étaler la beauté de Lubumbashi et la bonté de ses habitants. L’ancienne Elisabethville se présente comme une ville accueillante où tout le monde sympathise, sourit, se salue mutuellement sans besoin de se connaitre ; on va même plus loin pour parler d’une ville transformatrice, celle qui rend les personnes fortes, on dirait ce qui affecte même le caractère de la femme katangaise : décrite comme une femme à la vision d’aigle, aux rêves gigantesques. Pourtant, le passé de cette ville nous présente une région des hommes d’affaires, un coin sans famille, sans femme, sans enfant. La ville croit petit à petit, la femme katangaise fait parler d’elle lors de la cessation katangaise, un vrai score alors s’enregistre au point de lui décrocher la dédicace d’une avenue en son honneur : « l’avenue femme katangaise », celle-ci située à la place où il y avait jadis la barrière de l’ONU.  C’est curieux tout de même, on dirait même injuste… pourquoi en fait parler seulement de la femme katangaise dans un pays où beaucoup de femmes ont subi des viols, des vols, des tortures, et des traumatismes liés aux guerres et toute la misère qui en découle. Cette question nous ramène à parer de la force, du courage, et de la détermination de la femme katangaise au cours de la cessation katangaise, la femme katangaise fait preuve de son obstination quant à ce qu’elle veut et réussit la où les hommes ont échoué, ce film retrace la lutte de la femme de l’ancienne Elisabethville pour la pacification et la réconciliation, c’est désormais un modèle d’inspiration et d’énergie positive pour toutes les femmes katangaises chaque fois qu’elles se sentent faibles.

Le film entier est animé par une transition de tambour qui rythme la danse combattive, les mouvements de son balancement illustrent une lutte qui connait des efforts, des fatigues, de haut et de bas… tout au début c’est une image quasi inerte d’une femme, un peu comme pour designer la femme d’autrefois ensuite on nous renvoie l’image d’une femme en danse rythmée au tambour, une qui laisse croire à une lutte contre un mur autour duquel elle se balance en gestes parfois lents, parfois violents, parfois forts, parfois faibles… Oui c’est une lutte, et à la fin le mur est brisé, la lutte est victorieuse. L’image de transition qui accompagne ce film montre la femme ancienne dans sa passivité et sa timidité, passant par les efforts et la détermination, on illustre une femme active, combattante, la femme de ce siècle.

A la fin, on peut lire cette conclusion : « Depuis que la femme a appris à se connaitre et à savoir son rôle et sa place dans sa société », toutefois une question importante reste en suspens : s’agit-il justement de la femme katangaise ou de toute femme congolaise…

Advertisements