« L’essentiel c’est d’apprendre, l’argent n’est pas principal » s’exclame Umugwaneza !

Ada Umugwaneza, danseuse venu du Rwanda a formé une trentaine de jeunes danseurs de Goma pendant dix jours en Septembre dernier. Retour sur cet événement dans ce billet de blog.

Atelier de danse à Goma

Ada Umugwaneza du Rwanda forme les danseurs de Goma en danses contemporaines et tradionnelles_ crédit photo. Innocent Buchu

Par Innocent Buchu

Pieds nus, attention concentrée sur son inspiration et son expiration, Umugwaneza Ada Jeanne coordonne les mouvements de son corps au rythme d’une douce musique traditionnelle du Rwanda, son pays natal. Des losanges dessinés sur son pantalon noir-blanc laissent transparaître son air relaxé. Derrière elle, une trentaine de jeunes reproduisent ses  mouvements, on dirait par effet miroir.

Nous sommes dans la cours du centre Yole!Africa où la danseuse rwandaise Ada Umugwaneza partage ses connaissances avec ses pairs congolais. C’est la première fois que cette jeune diplômée de 23 ans anime ce genre d’ateliers hors de son pays, après 3 ans de formation à l’école des Sables. Basée au Sénégal, l’école des Sables est un centre de formation professionnelle en danse traditionnelle et contemporaine d’Afrique. «J’entendais mes amis rwandais parler de la RDC et commençais à développer une certaine curiosité par rapport à ce pays » confie-t-elle timidement. « Grâce à l’invitation des danseurs de Goma, je suis entrain de découvrir ce grand et beau pays par moi même »

Ainée d’une famille moyenne de quatre enfants, Ada n’avait que la danse comme passion et rêve. Pour bon nombre de parents africains, la danse n’est pas un métier surtout pas pour l’ainé de la famille qui doit servir bon exemple du chemin de l’école normale comme la médecine, l’économie, le droit, etc pour ses petits frères et petites sœurs. « Moi même je ne m’imaginais pas faire de la danse un métier aussi sérieux que je ne le fais maintenant » reconnaît-elle.

Apres son diplôme de l’école secondaire au Rwanda elle a obtenu une bourse d’étude de danse de la part de Germaine Acogny, fondatrice de l’école des Sables qui a repéré la passion et l’amour de Ada à la danse au Rwanda. ‘’J’aime la danse car elle me fait tout oublier; notre danse n’est pas violente je passe tout mon temps à danser’’ raconte Ada avec énergie.

Pendant les 10 jours passés avec les danseurs de Goma, l’échange interculturel a fait ses preuves. «Je travaille dure actuellement, sur la respiration et la relaxation car je viens d’apprendre dans cet atelier que c’est aussi un atout pour tout style de danse» dit en soufflant un danseur de hiphop participant à cet atelier de contemporaine.

Singulièrement pour Umugwaneza, l’essentiel c’est d’apprendre et faire mieux, l’argent n’est pas principal.

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Les finalistes du secondaire contents de voir leurs chemises déchirées

Plus de 52 milles candidats élevés finalistes ont participé aux Examen d’Etat (EXETAT) 2017 dans la province du Nord-Kivu. Le jeudi 22 juin était le dernier jour de ces épreuves. Dans les rues de Goma, 8 sur 10 élevés  portent de chemises déchirées et tachées à marker par les étudiants des universités voire même par les finalistes eux-mêmes. Hien, Je suis là et j’observe !

Les élèves finaliste de SC Mama Mulezi

Les élèves finalistes du CS. Mama Mulezi après le dernier examen d’EXETAT dans la rue de Goma (ph. Innocent Buchu)

Une tradition ?

C’est déjà connu de tous, le dernier jour des EXETAT doit être mouvementé et excitant que jamais. Il suffit de se retrouver dans une rue même du quartier pour le constater.

Déjà à partir de 10h, un engouement devant les centres des examens d’Etat dans la ville de Goma. Des étudiants de plusieurs institutions supérieures sont venus sensibiliser les futures camarades étudiants, actuels finalistes du secondaire. Ils ont en main des dépliants de leurs institutions respectives. « Je suis venu sensibiliser les amis et voir qui pourra venir dans notre université », justifie Fazili jean de sa présence. « C’est ma façon d’encourager et d’attirer ceux qui seront bientôt dans l’univers ouvert à choisir mon domaine » ajoute cet étudiant de l’Institut Supérieur de Commerce (ISC).

Au-delà de la sensibilisation, les étudiants bénissent les lauréats ! D’une façon très spéciale.

Toute souriante et fière, Alice Matata une jeune élève de 18 ans vient de finir son examen. Sa chemise est devenue comme un tablier de cuisine. Devant l’enclot d‘un des  centres d’Exetat , au Lycée Anoirite de Goma,  Alice donne ses deux stylos noirs à un étudiant avant de lui demander d’écrire 58% sur sa chemise. C’est tout ce qu’elle attend comme résultat pour son diplôme. D’autres étudiants l’ont approché pour déchirer sa chemise et y  écrire les noms de leurs institutions avec divers markers, noirs, bleus, rouges, vert…

Elle est contente ! « Il le faut, je me dis que c’est ma dernière fois de porter cette uniforme, c’est pourquoi j’ai prévu un T-shirt en dessous de la chemise  s’exprime Alice avec joie.  Je ne peux même pas m’imaginer laisser cette chemise à ma petite sœur », Ce que pouvait aimer beaucoup de parents de Goma, « elle va acheter la sienne » dit cette élève de Ujuzi en regardant sa chemise. Alice d’ajouter qu’elle pouvait déchirer elle-même s’il n’y aurait pas quelqu’un pour le faire.

Certains étudiants ont suivi les finalistes même dans les rues, pour voir qui sa chemise est encore  intacte. « C’est une bénédiction que nous donnons aux finalistes. Nous déchirons parce que nous voulons leur réussite,  et je sais que ça influe sur la réussite» dit Patient Irenge, étudiant en G3 à l’institut supérieur des Grands Lacs (ISDR-GL).

Bon, je suis loin de penser à déchirer vos chemises,  je ne peux que vous souhaiter bonne réussite.

Je vous invite à commenter et partager !

Quand on connait une victime de violence sexuelle!

Victime d’un abus sexuel ou violence sexuelle, peu importe le terme employé, personne ne mérite cet acte. Mon amie l’a vécu. Je n’écris pas trop sur les émotions personnelles, pas trop sur mes opinions non plus les histoires d’amour… d’ailleurs cette historiette n’en est pas une, plutôt de colère. Ce texte provient de mon journal en dur que j’ai décidé de compléter tous les weekends.

Une fille violée replie sur soi_by_Buchu

DeLourde, une fille violée replie sur elle-même ( ph: Innocent Buchu)

Par Innocent Buchu

Bernadette DeLourde, jeune fille de 17ans, une connaissance un peu proche m’invite, triste elle-est depuis une semaine. Remplie de la honte et la haine, on ne peut que le constater sur son visage. S’il existe l’absence de la joie, du bonheur on ne peut que lire le reflet de sa face. Je l’ai ressenti à son premier regard. Je n’arrive pas à décrocher son sourire… elle arrive quand même à me raconter l’histoire ! En terme simple, elle a été violée. Elle n’arrive pas à dénoncer, encore moins à parler de cette malheureuse situation.

Violée, mon amie l’a été !

Elle a été invitée par Nelson, le copain de sa confidente Deb. Nelson voulait discuter avec elle à propos de Deb. Très gentille, sans arrière-pensée,  DeLourde  se sent prête à aller sauver l’amour de ses amis Deb et Nelson, question de rendre servir.  Sans dire mot à Deb elle s’était rendue chez Nelson où elle avait rendez-vous. On dirait la diplomatie. Nelson, de son côté avait un autre plan que la pauvre ignorait. Hop ! Bien accueillis à l’Africaine chez Nelson… Avant de discuter de ce qui amène quelqu’un on demande d’abord des nouvelles (de la maison, la famille, les études et autres), c’est la coutume. Apres un bon moment Nelson a présenté à DeLourde à manger, des fromages…

Et comme le monde nous réserve toujours des surprises.

 DeLourde s’est retrouvée nue dans la chambre de Nelson. Ne sachant pas ce qui c’était passé. Elle s’est rhabillée et retournée chez elle comme si de rien n’était. En écoutant son témoignage j’ai eu envie de pleurer, je n’écoutais plus son histoire. J’ai retenu mes larmes tout simplement parce que je ne pouvais l’aider en rien si je pleurais aussi.  Ce que je voulais c’est de voir ce criminel en face sans savoir ce que je peu lui dire ou faire. Aux filles je ne me donnerais pas le kilo de vous interdire de visiter les hommes aussi surprenants que Nelson mais de faire attention. Faire tout pour ne pas être seule à seule avec lui.

Un calvaire que Delourde pense enterrer.

Personnellement je ne sais pas ce que je veux du violeur mais une simple bonne leçon suffirait, question de protéger les autres filles qu’il peut désirer abuser. La victime, elle, pense à la miséricorde divine et pense que Dieu va s’en charger. Elle peut avoir raison mais la Bible dit « A Dieu ce qui lui revient… »
Je ne suis pas concentré ça se voit  dans mon texte, je me rappelle de ce visage sans sourire ni attirance, visage fané par le viol. J’espère qu’elle va tenir son équilibre psychologique.

 

Projection de trois films de Goma dans le huitième Congo in Harlem

True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center ont organisé le huiteme annuel Congo in Harlem du 20 au 23 octobres 2016 à Maysles Cinema, à New York. Goma a été à cette occasion, bel et bien présente à l’évènement par  trois films des réalisateurs Hubert Bonk, Muhindo Abraham et Modogo Aron.

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Congo in Harlem est une série de films sans but lucratif produit par True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center. Pendant trois jours les participants ont assisté à une série de films, ceux de Goma y compris. « Ennemi du Temps », un  film court métrage de 12 minutes réalisé à Goma  par Muhindo Abraham. Une narration, fiction d’une femme, « Sifa, dans l’obscurité, attirée par l’obstacle de la réalité, se retrouve coincée entre le futur, le présent et le passé. Cette catastrophe pousse à traverser au fil du temps, derrière lequel sa réalité est cachée ». Rappelons que ce film a été sacré meilleur court métrage par « Goma capital du cinéma » dans le Congo International film Festival (CIFF) organisé en juillet 2016 par le centre d’échange et de création artistique Yolé!Africa qui prône la paix et la cohabitation pacifique à travers des activités artistiques à Goma en République Démocratique du Congo. Ennemi du temps a été projeté le premier jour de l’évènement c’est-à-dire le 20 octobre.

Un autre court métrage de 11 minutes, Kubuni, le deuxième film de Goma  projeté dans Congo in Harlem. Cet autre film fiction signé Modogo Aron son réalisateur, il raconte l’histoire « d’un écrivain, pris entre deux mondes, choisit un chemin inattendu ». Projeté en juillet 2016 à Goma avec un autre film « Kiomulozi » dans le quelle une de ses actrices, Amanda Uwimana  a remporté le prix meilleur actrice dans le CIFF. Ce film est apparu sur les écrans le deuxième jour de l’activité Congo In Harlem le 22 octobre 2016.  Le réalisateur Aron Modogo pense que ce festival est une opportunité, « c’est une occasion de voir les choses autrement, un temps de recevoir les critiques des spectateurs mais aussi de se mesurer pour s’améliorer».

Congo In Harlem a été ainsi clôturé le dimanche 23 octobre par un autre film « Trans-Ville », qui signifie « transport en commun » dans un langage de Goma, ce court métrage a été tourné en cette année 2016. Pendant 6 minutes, Hubert Bonk rend hommage à la femme forte, la femme qui ne baisse pas le bras, dans ce film portrait documentaire d’un groupe pionnier des conducteurs d’autobus féminins à Goma, dans l’est du Congo. Un film qui explique l’aspect genre dans la ville de Goma. Son réalisateur, Bonk pense plutôt à une ouverture pour les réalisateurs de sa génération. Content de voir son film projeté, il croie qu’il a envie de faire mieux et de partir au-delà pour produire plus dans l’avenir.

Pour valoriser le cinéma congolais et créer l’éveil de conscience de la jeunesse congolaise, Congo In Harlem a consacré ainsi trois jours, non seulement d’évasion mais aussi d’échange autour des tables rondes, des spectacles et des événements spéciaux axés sur  l’histoire, la politique et la culture de la République démocratique du Congo.

International Alert et Yole Africa fêtent l’art de la paix à Goma

Le 21 septembre de chaque année le monde célèbre la journée internationale de la paix, une date qui coïncide avec les 30 ans de International Alert. Pour cette année 2016 International Alert en partenariat avec  le centre de création artistique Yole!Africa et ses partenaires ont choisi la ville de Goma pour  fêter cette journée à travers des activités artistique (l’art de la paix), notamment la réalisation d’une peinture murale à l’université Libre des Pays des Grands lacs (ULPGL) comme symbole de la paix.

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les artistes réalisent une peinture murale à Goma (ph: Benoit_MUGABO/YoleAfrica)

A Goma, dans l’enclos de ULPGL où la manifestation s’est déroulée, dans un climat de paix et de fraternité, Sous les cieux claires, un petit vent des arbres, assis dans des tentes,  plusieurs jeunes, étudiants et autres acteurs de la paix ont répondu présent à la journée internationale de la paix. « Tout commence bien au rythme  la paix comme mode vie » s’exclame Ganza Buroko, coordonnateur du centre de création artistique Yolé!Africa. Dans son discours, le recteur de l’ULPGL, Kambale KARAFULI est revenu sur l’importance du thème de cette année qui est « les objectifs de développement durable, composantes de la paix ». A son tour la directrice RDC de International Alerte, Maria a rappelé plutôt la mission de International Alert ; celle de la consolidation de la paix à travers des organisations locales de la société civile par la recherche, le plaidoyer, le renforcement des capacités, le dialogue inclusif, et la participation politique et citoyenne et de la campagne #ART4PEACE. Elle a aussi exposé le nouveau logo de son organisation au public, un logo plus explicatif dans sa vision.

A cette occasion, une grande activité artistique couronne la journée.  Boite de peinture et pinceau à la main, filles et garçons, sourire, connexion et concentration  se retrouvent cote à cote pour la réalisation de la peinture murale à l’ULPGL.  L’activité n’a pas seulement réussi à réunir plusieurs acteurs de la communauté du  Nord-Kivu  mais aussi à intégrer l’aspect genre dans l’art et la recherche de d’une paix durable. Toute une histoire de vie, de rêve, des passions et bientôt une bonne réalité, cette mure doit nous rappeler chaque fois notre engagement à la consolidation et au sauvegarde de la paix.

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Un homme et une femme en pleine réalisation de la peinture murale à Goma (Ph: Benoit_Mugabo/YoleAfrica)

Que signifie la paix pour les participants ? Tout le monde à cette activité a écrit sur un papier le mot qui symbolise la paix selon ses attentes. Il était remarqué certains mots repris comme Justice, Femme, Amour, tolérance, cool, droit, transparence.

Dans cette ambiance,  les danseurs du groupe, NewYoungCompagny,  volontaires pour la paix ont aiguillés un public sur le thème du dialogue pour la paix qu’ils ont interprété par des pas de break dense. Emu par des œuvres artistiques, le public se dit engagé à la recherche de la paix.

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certains danseurs de New young Compagny sur scène pour la paix 

Signalons que la réalisation d’une peinture murale pour la paix s’est déroulé dans plus des seize pays du monde.

N’oubliez pas de partager ou de laisser un commentaire !

Dans un commentaire dites en un mot que signifie la paix pour vous et expliquez-vous brièvement !

Goma : Bilsen et Buterinote lancent le CIFF 2016

Deux films ont inauguré la 11ème édition du Congo International Film Festival ce Samedi 02 juillet 2016 à Goma, dans l’Est de la RDC.« The Earth of my Art » de Alif Buterinote et « Elephants dream » de Kristof Bilsen retracent respectivement le pouvoir de la culture africaine et l’espoir du Congolais malgré les défis lié à sa vie au quotidien.

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vue d’ensemble des participants lors de  la projection de film au lancement du CIFF 2016 à Goma ( Ph Martin_Lukongo/YoléAfrica)

Par Innocent Buchu

Sous un ciel ouvert au bord du lac Kivu, il est 19h quand le directeur artistique de Yole!Africa ouvre  la onzième édition du Congo International Film Festival.
Autorités politiques locales, opérateurs culturels, réalisateurs locaux et internationaux et amoureux de l’art sont au rendez-vous.
Finis les différents discours, les projecteurs sont éteints, seul l’écran géant reste illuminé par le rétroprojecteur. C’est le moment crucial de la soirée, la projection des deux films d’ouverture du CIFF 2016 : « The Earth of My Art » (La terre de mon Art) du réalisateur Gomatracien Alif Buterinote et « Elephants dream » (Rêve d’éléphants) du belge Kristof Bilsen.

«The Earth of my art » ou la force de la culture africaine

« Il est bizarre qu’on continue à s’entretuer comme des animaux. Il est temps que l’Africain comprenne qu’il est capable de finir cette inlassable guerre. Sa seule arme, c’est sa culture qui est plus forte que toutes ces atrocités », Alif Buterinote jeune réalisateur Congolais après la visualisation du film.

Originaire de la province du Nord-Kivu, la province la plus connue de la RDC pour la recrudescence de la violence, Alif Buterino est touché par la situation sécuritaire de sa terre natale. Dans ce court métrage de 17 minutes purement artistique, il dénonce la main noire qui dirige sournoisement la guerre en RDC.
Malgré tout, ce jeune garde espoir. Pour lui, il y a toujours une brèche de sortie de crise car malgré toutes les menaces et atrocités, l’Afrique résiste à travers sa culture.

« Elephants Dream »

« Le Congo est  un géant au milieu de l’Afrique, au lieu  de raconter des histoires horribles comme on le voit souvent, je pense qu’il est temps de montrer la réalité de la vie quotidienne du Congolais, la passion qui le caractérise, l’amour, l’espoir, le doute »,le réalisateur Kristof Bilsen à travers les applaudissements de l’assemblée.

Pourlui, il est important aux  réalisateurs d’aller au-delà de la politique et de montrer d’une manière humaine cette lutte que mène le Congolais pour surmonter les différents défis liés à sa vie au quotidien.
Ce titre « Elephants dream », c’est pour monter cette grandeur d’âme et cet espoir dans un univers où tout semble ne pas aller, a-t-il martelé.

La soirée se clôture autour de 22H, ce premier jour ouvre une série d’activités qui continuent jusqu’au 10 Juillet 2016 : Ateliers de formation, table ronde, projections des films,…

CIFF : La grande messe annuelle du Film et de l’Art à Goma

Le centre d’échange et de création artistique Yole!Africa en partenariat avec ALKEBU Film Productions organise du 02 au 10 juillet 2016 la 11e édition du CIFF (Congo International Film Festival) autre fois appelé SKIFF (Salaam Kivu International Film Festival) à Goma. Dans le but de contribuer à la paix et la stabilisation durable à travers des manifestations artistiques et les renforcements des compétences dans ce domaine plusieurs musiciens locaux seront à l’honneur. Ils presteront devant un publique diversifié.

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Début juillet, des centaines de festivaliers, amoureux de l’art et invités en provenance de différents continents vont se rencontrer dans cette ville touristique de l’Est de la RDC. Grand et plus anciens Festival en RDC le CIFF a vu le Jour depuis 2005 en Province du Nord Kivu en ville de Goma sous l’initiative du Cinéaste Congolais Petna NDALIKO. Il rassemble chaque année les Cinéastes Congolais et étrangers autours de l’échange d’expérience pour un avenir commun. Dans le but d’encourager les œuvres locaux le CIFF  met en compétition plusieurs films locaux et décerne des prix à ceux qui seront meilleurs. Il offre également les séances de capacitation dans différents domaines de l’art aux personnes ayant souscrit à l’offre de formation sans aucune condition financière.

Pour agrémenter les moments forts de ce festival, différents artistes sont sélectionnés par le comité de l’organisation. Pour cette année, Muhinder MC l’un des artistes sélectionnés, affirme croire au management efficace pour la réussite de ce festival comme l’a été aux éditions passées ou il a presté.

Le CIFF considéré comme le principal parrain du film et de l’art en RDC ; Personne ne peux douter de la performance, du service de cette organisation qui du jour le jour expose les musiciens locaux (gomatraciens) à la scène internationale, explique NATI administrateur de musique chez YoléAfrica

Plusieurs artiste Musiciens se bousculent dans l’enregistrement des chansons en vue d’une sélection de ceux qui vont faire l’OpenMic, dont la condition principale est d’avoir un texte jugé pertinent par le jury de sélection.

Trois chansons des dix prévues, ont été enregistrées au studio de YoléAfrica de Goma dans les quelles au moins 12 artistes de la  « musique engagée » ont participé. La chanson far sera commune « Wake Up », écrite et réalisé selon le thème du festival choisit pour cette année « Plus Beau Qu’avant ».

Très interpellateur ce thème extrait de l’hymne national Congolais attire l’attention de plus d’un congolais et africain sur notre avenir commun.

Pour ces musiciens plus engagés comme jamais, le CIFF n’est que le début de nouvel élan de leurs carrières et une bonne occasion pour le monde entier d’intérioriser les messages prévus autours de ce grand thème Plus beau qu’avant.

Pourquoi s’intéresser aux violences sexuelles et basées sur le genre ?

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Les participants à l’atelier de réflexion(ph: innocent Buchu)

Le ministère de la Justice et Droits humains de la RDC a initié du 16 au 18 décembre 2015 à Goma, en province du nord kivu, un atelier de réflexion sur les enjeux de la politique pénale en matière de violences basées sur le genre(VSBG), à l’aube du 10e anniversaire des lois N°06/018 et 06/19 du 20 juillet 2006, à l’intention des plus hautes autorités judiciaires mais également les acteurs de terrain.

C’est avec l’appui du Programme d’Appui au renforcement de la Justice à l’Est de la RDC (PARJ-E) « Uhaki Safi» qui est un programme du gouvernement de la RDC, financé par les Fonds Européens de Développement (FED) de l’Union Européenne, la Belgique et la Suède.

Cet atelier de trois jours avait pour objectif général de mener une réflexion sur les enjeux de la politique pénale en matière de violences sexuelles, et spécifiquement de contribuer au bilan de la loi sur les violences sexuelles basées sur le genre sous l’angle judiciaire à l’aube de son 10e anniversaire.

Le directeur de cabinet du ministre de la Justice et Droits Humains a avant tout expliqué que la lutte contre les violences sexuelles est une préoccupation constante du gouvernement de la RDC. Pour lui, la lutte contre les violences s’observe à deux volets : le volet normatif qui revient au gouvernement et l’application de ces normes revient aux cours et tribunaux.

« Pour sa part, le gouvernement, grâce au parlement, a fait voter des lois et ces lois sont entrain d’être appliquées par les cours et tribunaux. Et ça fait bientôt 10 ans, il est tout à fait normale que les deux composantes fassent le bilan » a renchérit monsieur Gérard NKATA.

« Il est important que les autorités judiciaires (acteurs de terrain ou la haute hiérarchie) puissent livrer leurs analyses, leurs expériences, pour contribuer à la distribution et à la gestion de la politique pénale adaptée aux réalités congolaises» a souligné monsieur Hubert Nzakimuena, régisseur du PARJ-E « Uhaki Safi ».

Bilan et enjeux de la politique pénale de la RDC !

Qu’est ce qui a marché ou qu’est ce qui n’a pas marché ?

Dans son discours prononcé au nom du ministre Rd congolais de la justice, le directeur de cabinet, monsieur Gérard NKATA a rappelé que les guerres qu’a connu la RDC à partir de 1996 ont occasionné la recrudescence des violences sexuelles dans la partie Est du pays faisant des millions de victimes particulièrement les femmes.

Quatre communications ont enrichi le débat, c’est notamment ; – la communication sur « L’Etat des lieux de l’application de la loi VSBG par les autorités judiciaires (police, juridictions, et offices civiles et militaires) de l’instruction à l’exécution » exposée par le Professeur Gabin Bady Kabuya, de l’université de Lubumbashi. Il a qualifié de ‘’protectrice’’ et ‘’discriminatoire’’ la politique pénale de la RDC.

Suivie de la communication sur le rapport de monitoring judiciaire sur la répression des violences sexuelles de 2010 à 2014, présentée par les experts du PNUD. D’après ce rapport les cas de violences sexuelles sont en baisse devant la justice sans pour autant dire que ce genre des cas a diminué. Cela suppose que la population n’a pas confiance en la justice congolaise.

L’acteur judiciaire a toujours besoin d’un médecin légiste pour des consultations médicales de la victime et parfois du présumé auteur du crime ; c’est pourquoi une communication sur l’administration de la preuve en matière de violences sexuelles a été développée par un expert de l’hôpital Heal Africa.

Cet atelier de réflexion s’est clôturé par une restitution en plénière des travaux en carrefour dans lequel les recommandations étaient fournies au ministère de la Justice suivi d’une discussion globale.

Le ministère de la Justice et Droits Humains a confirmé que les recommandations formulées pendant ces assises seront prises en compte !

« Face à la nécessité de prévenir sévèrement les infractions rapportant aux violences sexuelles et d’assurer une prise en charge systématique des victimes de ces infractions, des nombreuses études s’étaient penchées sur la question !»

« Taisez-vous, c’est moi le père ! »

le cinéaste surnomé Dodo pose pour une photo d'ullustration d'article ( ph. Innocent Buchu)

le cinéaste surnommé Dodo pose pour une photo d’illustration d’article ( ph. Innocent Buchu)

« A tout seigneur, tout honneur » dit-on. Ceci est strict et non négociable dans certaines familles en R.D.C.
J’en ai rencontré une.
« A tout seigneur, tout honneur » dit-on. Ceci est strict et non négociable dans certaines familles en R.D.C.
J’en ai rencontré une.
Le père a une chaise réservée au salon, dans la salle de repos et dans salle à manger. Personne d’autre n’a le droit de s’y asseoir. Je dis bien, personne !
A son arrivé, on se croirait dans un monastère ! Tous les enfants deviennent brusquement trop sérieux et remettent rapidement de l’ordre. « Comme le chat est revenu, souffle l’un des enfants, les souris n’ont qu’à arrêter de danser. »
Même sa femme ne fait pas l’exception ! Fini les racontars, les commérages et toutes les historiettes de la journée : seul le coq chante.
« Qui a mi ses pieds dans mon salon ? » demande-il, avec un visage froissé.
Personne d’autre a part l’ainée n’a le courage de lui répondre. Mais, pourquoi ? Eh bien, parce qu’il est autonome financièrement !
Si autonomie financière signifie aucun contrôle parental, je me demande ce que deviendra cette maison quand tous les enfants le seront.
Chaque enfant dans cette maison cherche à s’occuper à tout moment pour éviter de dire devant leur père.
‘’Toutes les fois que vous voudrez parler, taisez-vous !’’
« Je ne supporte pas sa présence » dit un de ses fils. Il pense connaitre tout ce qui est utile pour sa famille y compris leurs idées.
« Parler sans rien dire » c’est la qualification qu’il donne à l’opinion de ses petits. Pour celui qui trouve l’occasion de dire, il doit bien penser avant de parler et bien peser avant d’agir.
Ce père pose souvent des questions au sujet dont il a l’idée ferme.
« La ferme! Malade» sont ses mots en interruption à celui qui parle le contraire de son opinion.
N’a le droit de dire que celui qui d’avance soit de son coté pour telle ou telle autre opinion.
Il est un vrai génie !? Avant même qu’un membre de sa famille parle, lui connait déjà ou il veut en venir et il le coupe directement la parole. Celui qui ne pas du même avis que lui, a d’avance peur d’extérioriser sa pensée.
Comme un vieux chien, un jour il se retrouva sans force et c’était sa mauvaise fin, sans considération ni respect […]

Alors, si cette famille était une République ?
-Par Innocent Buchu

“L’explosion de Mabingwa forum” entretien avec ARSENE TUNGALI

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(Arsene TUNGALI bloggeur et fondateur de Mabingwa forum)

 

 

Une grande rencontre des leaders s’organise à Goma, l’initiative « Mabingwa Forum » qui se tient du 5 au 7 décembre à Cap Kivu hôtel. Nous avons eu le privilège de rencontrer Arsène Tungali, qui est en l’initiateur. Il répond à nos questions dans ce blog.

Le succès de la plupart des choses dépend de savoir combien il faut de temps pour réussir.Montesquieu

-Propos recueillis par innocent Buchu

Arsène TUNGALI, Fondateur de Mabingwa Forum, bonjour

Bonjour cher Innocent. C’est toujours un plaisir lorsqu’on a une opportunité de parler de ce que l’on fait.

Parlez-nous de Mabingwa forum, le pourquoi de ce mot en swahili et racontez-nous en bref comment est née l’initiative.

J’aime le Swahili et je trouve que donner des noms en Swahili pour mes initiatives me plait beaucoup car cela leur donne un caractère original. A chaque fois que je suis en train de concevoir un projet, dès que j’ai l’objectif en place, je réfléchis pour trouver un nom en Swahili qui traduit plus ou moins bien ce que j’ai en tête et ce que je veux faire.

Ce fut la même chose quand j’ai créé Rudi International « Rudi » étant le Swahili pour « reviens », traduisant ce que j’avais à l’esprit : sensibiliser la diaspora africaine à revenir et participer au développement de l’Afrique.

« Mabingwa » est le mot Swahili qui signifie « les champions » et traduit l’initiative qui concerne les champions, les leaders communautaires.

Mabingwa Forum est né suite à une envie de connecter les leaders faisant la différence dans leurs communautés. Je suis d’avis que l’union fait la force et qu’éparpiller les forces ne conduit pas à un bon résultat, dans le temps. Mabingwa se veut de donner l’opportunité aux champions de se connaitre, d’échanger et de s’inspirer pour un changement positif des communautés.

Mabingwa forum est-il fonctionnel tout le temps ou il est occasionnel

Mabingwa est un évènement annuel, ce n’est nullement pas une organisation. Mais le travail des champions est continu. Nous nous réunissons une fois l’an pendant 2 journées et demie pour parler de ce que nous faisons et comment nous pouvons aider les uns les autres à la réalisation des objectifs. Pendant une année entre deux forums, les champions travaillent chacun de son coté, tout en gardant contact sous la forme de « mentorship » et au forum suivant, ils peuvent raconter comment ça s’est passé. Nous prévoyons de développer une approche de suivi et de mentorat dans l’avenir. Nous sommes donc ouverts aux idées.

Quelles sont les activités que Mabingwa forum organise et nous sommes à la quantième édition.

Mabingwa est un espace informel, ça veut dire le programme se créer selon la qualité des participants et tout peut changer pendant le forum selon que les discussions sont conduites. C’est une initiative en pleine croissance. Nous privilégions les échanges car la règle est que personne ne connait tout. Nous avons des espaces qu’on appelle « plénières » et des « ateliers spécialisés » où les intervenants vont en détail et répondent aux questions particulières des participants.

Pratiquement, les participants se retrouvent le vendredi à 15h pour une prise de contact et la réception du matériel de travail : badges, note books, t-shirts, etc. Les travaux débutent réellement le samedi et le dimanche où l’on est ensemble toute la journée. Le dimanche soir on clôture avec une remise des brevets, une cérémonie très importante.

Nous sommes à la deuxième édition de Mabingwa Forum qui se tient du 5 au 7 décembre prochain, le weekend prochain à Cap Kivu hôtel à Goma. La première édition s’est tenue du 6 au 8 décembre 2013 à l’hôtel Villa Goma.

C’est quoi l’activité du moi de décembre, comment on fait pour y participée (choix et critères des participants) et que devient le participant après l’activité.

Le weekend prochain c’est la 2è édition de Mabingwa Forum (du vendredi au dimanche soir). Cette édition sera particulière non seulement suite à la qualité des participants, mais aussi beaucoup des surprises pour créer plus de convivialités entre les participants. C’est un événement à ne pas rater.

Les détails et les conditions de participation sont sur le site web mais nous recherchons des personnes qui sont soit initiateurs d’une entreprise sociale innovante ou qui jouent un rôle important dans une entreprise sociale existante et qui ont une expérience à partager avec les autres. L’inscription se fait en ligne en complétant un formulaire (qui prend près de 10 min).

Après le forum, les participants reçoivent un brevet de participation et font partie d’une famille des Mabingwa. Une fois admis dans cette famille, les champions partagent entre eux des opportunités de renforcement des capacités, des conférences et s’encouragent mutuellement dans le travail de changement. Et ça marche.

Vous venez des USA selon nos sources, est ce que c’était dans le cadre de ce projet et si oui quels sont les fruits de votre voyage aux USA.

J’ai fait près d’un mois aux USA en Octobre et l’objectif principal était que je participais à une conférence internationale avec ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) basée à Los Angeles. Cette organisation se charge entre autres de la gestion des noms de domaines, de l’adressage IP, etc.

J’en ai profité pour rencontrer les partenaires de Rudi International, l’organisation que je coordonne et qui est l’hôte de Mabingwa Forum. Et bien sûr, j’ai parlé de ce forum et je serai heureux de partager les résultats de mon voyage en Amérique pendant le forum. Mais je suis en train de faire une série de blogs pour relater mes aventures, de la Californie à New York (6 Etats au total visités) que vous pouvez lire sur mon blog (tungali.blogspot.com).

Etes-vous un champion, si oui quel est le secret.

Je considère un champion comme étant quelqu’un qui a réussi, par son travail et son courage, à apporter un plus dans la transformation positive des communautés. Il est soit initiateur d’un projet social ou bien joue un rôle important dans un projet existant. Je peux dire, humblement, que je suis un champion car j’ai la faveur de Dieu sur moi.

  • Le secret ? Rien de très grand, juste une vision, un peu de courage et de la détermination à surmonter les épreuves. Beaucoup se sont arrêtés en route et n’ont pas réussi à faire quoi que ce soit. Les détails sur mon CV sont sur mon profil professionnel LinkedIn.

Cette rencontre a intéressé d’autres bloggeurs dont, Feza qui a interviewé Arsene en 2013. suivre l’entretien.