« L’essentiel c’est d’apprendre, l’argent n’est pas principal » s’exclame Umugwaneza !

Ada Umugwaneza, danseuse venu du Rwanda a formé une trentaine de jeunes danseurs de Goma pendant dix jours en Septembre dernier. Retour sur cet événement dans ce billet de blog.

Atelier de danse à Goma

Ada Umugwaneza du Rwanda forme les danseurs de Goma en danses contemporaines et tradionnelles_ crédit photo. Innocent Buchu

Par Innocent Buchu

Pieds nus, attention concentrée sur son inspiration et son expiration, Umugwaneza Ada Jeanne coordonne les mouvements de son corps au rythme d’une douce musique traditionnelle du Rwanda, son pays natal. Des losanges dessinés sur son pantalon noir-blanc laissent transparaître son air relaxé. Derrière elle, une trentaine de jeunes reproduisent ses  mouvements, on dirait par effet miroir.

Nous sommes dans la cours du centre Yole!Africa où la danseuse rwandaise Ada Umugwaneza partage ses connaissances avec ses pairs congolais. C’est la première fois que cette jeune diplômée de 23 ans anime ce genre d’ateliers hors de son pays, après 3 ans de formation à l’école des Sables. Basée au Sénégal, l’école des Sables est un centre de formation professionnelle en danse traditionnelle et contemporaine d’Afrique. «J’entendais mes amis rwandais parler de la RDC et commençais à développer une certaine curiosité par rapport à ce pays » confie-t-elle timidement. « Grâce à l’invitation des danseurs de Goma, je suis entrain de découvrir ce grand et beau pays par moi même »

Ainée d’une famille moyenne de quatre enfants, Ada n’avait que la danse comme passion et rêve. Pour bon nombre de parents africains, la danse n’est pas un métier surtout pas pour l’ainé de la famille qui doit servir bon exemple du chemin de l’école normale comme la médecine, l’économie, le droit, etc pour ses petits frères et petites sœurs. « Moi même je ne m’imaginais pas faire de la danse un métier aussi sérieux que je ne le fais maintenant » reconnaît-elle.

Apres son diplôme de l’école secondaire au Rwanda elle a obtenu une bourse d’étude de danse de la part de Germaine Acogny, fondatrice de l’école des Sables qui a repéré la passion et l’amour de Ada à la danse au Rwanda. ‘’J’aime la danse car elle me fait tout oublier; notre danse n’est pas violente je passe tout mon temps à danser’’ raconte Ada avec énergie.

Pendant les 10 jours passés avec les danseurs de Goma, l’échange interculturel a fait ses preuves. «Je travaille dure actuellement, sur la respiration et la relaxation car je viens d’apprendre dans cet atelier que c’est aussi un atout pour tout style de danse» dit en soufflant un danseur de hiphop participant à cet atelier de contemporaine.

Singulièrement pour Umugwaneza, l’essentiel c’est d’apprendre et faire mieux, l’argent n’est pas principal.

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CIFF2017 : Du film à la Rumba au lancement de la 12e édition du festival du cinéma

« Eza possible, en lingala facile ; ni possible en swahili facile et c’est possible ! » c’est avec ce mot que Petna Ndaliko Katondolo, fondateur de Yolé!Afica et directeur artistique du Congo International Film Festival  CIFF2017 a introduit ce 8 juillet 2017 sa présentation pendant la cérémonie d’ouverture  de cette 12e édition. J’ai été ravi que chanceux d’être là !

réalisatrice Amelia Umuhire repond aux questions de Petna Katondolo, directeur artistique du Ciff2017

La réalisatrice Amelia Umuhire repond aux questions de Petna Ndaliko (ph. JustKas)

Par Innocent Buchu

Une heure avant le lancement !

C’est en plein air à Cap Kivu l’hôtel! Au bord du lac Kivu, un vent doux souffle sous les lumières colorées des projecteurs en provenance de tous les coins cardinaux. C’est un festival ! À l’entrée principale, un tapis rouge devant la bannière préparée pour des photos. Des jolies demoiselles en tenue avec inscription « tout est possible » en dessous de l’effigie de Lumumba sur leur T-shirt Cole-V esquissent un sourire à tout festivalier qui s’approche. « Jolie sourire » je complimente une fille du protocole.  Elle répond gentiment « merci » avec un remix de sourire. Tout commence bien en tout cas !

Je me positionne dans le jardin, pour bien observer… !

Tous les volontaires sont chacun à son poste, des techniciens de son, des caméramans derrière les caméras, des photographes, des électriciens, des communicateurs pour le live Tweet devant des machines, des administratifs. Ils sont convaincus qu’ils font un bon travail pour la communauté. C’est aussi l’un des objectifs de ce prestigieux festival du cinéma. « Engagé la communauté locale dans l’auto prise en charge et l’éveil de conscience » a dit Ganza Buroko, coordonnateur volontaire du festival CIFF.

Hey ! Le cinéma avant tout. Pour l’instant seul le rétro-projecteur reste allumé : Sur l’écran géant, le premier court métrage « Mugabo » est à l’honneur. C’est un film de 6 minutes de Amelia Umuhire, réalisatrice Rwando-Allemande de série web venue de l’Allemagne. C’est l’histoire d’une jeune fille qui rentre visiter sa ville natale après une longue durée d’absence, les mélange des souvenirs et des questionnements sur l’existance. Apres un temps de critique et des questions, nous regardons le deuxième film de 23 minutes, « Peer Gynt ». Premier film du réalisateur Belge Michiel Robberecht tourné dans la province d’Equateur en République démocratique du Congo. C’est l’histoire de Peer Gynt qui se retrouve emprisonné dans un petit village où personne ne croit aux histoires fantastiques qu’il passe son temps à raconter lorsqu’un jour il disparait et son imagination devient réalité.

les journalites-bloggueurs Innocent buchu et bernadette Vivuya posent pour une photo @Benoit_Mugabo

Les journaliste-blogueurs Bernadette Vivuya et Innocent posent pour une photo (Ph. Benoit Mugabo)

Très galant, un concours surprise de fashion où les expatriés et les nationaux dans le public exhibent chacun son style d’habillement, une bonne façon de s’amuser. Entre les rires et les accolades, j’ai vu nombreux tisser des nouvelles connaissances et prendre des photos souvenirs.

les participants au CIFF2017 exhibent leurs fashion

Expatriés et nationaux dans le public exhibent fashion

Avant de danser la Rumba et le Ndombolo congolais, on discute avec les personnes qui nous paraissent intéressantes, le Congo International Film Festival nous permet de nous connecter.

Projection de trois films de Goma dans le huitième Congo in Harlem

True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center ont organisé le huiteme annuel Congo in Harlem du 20 au 23 octobres 2016 à Maysles Cinema, à New York. Goma a été à cette occasion, bel et bien présente à l’évènement par  trois films des réalisateurs Hubert Bonk, Muhindo Abraham et Modogo Aron.

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Congo in Harlem est une série de films sans but lucratif produit par True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center. Pendant trois jours les participants ont assisté à une série de films, ceux de Goma y compris. « Ennemi du Temps », un  film court métrage de 12 minutes réalisé à Goma  par Muhindo Abraham. Une narration, fiction d’une femme, « Sifa, dans l’obscurité, attirée par l’obstacle de la réalité, se retrouve coincée entre le futur, le présent et le passé. Cette catastrophe pousse à traverser au fil du temps, derrière lequel sa réalité est cachée ». Rappelons que ce film a été sacré meilleur court métrage par « Goma capital du cinéma » dans le Congo International film Festival (CIFF) organisé en juillet 2016 par le centre d’échange et de création artistique Yolé!Africa qui prône la paix et la cohabitation pacifique à travers des activités artistiques à Goma en République Démocratique du Congo. Ennemi du temps a été projeté le premier jour de l’évènement c’est-à-dire le 20 octobre.

Un autre court métrage de 11 minutes, Kubuni, le deuxième film de Goma  projeté dans Congo in Harlem. Cet autre film fiction signé Modogo Aron son réalisateur, il raconte l’histoire « d’un écrivain, pris entre deux mondes, choisit un chemin inattendu ». Projeté en juillet 2016 à Goma avec un autre film « Kiomulozi » dans le quelle une de ses actrices, Amanda Uwimana  a remporté le prix meilleur actrice dans le CIFF. Ce film est apparu sur les écrans le deuxième jour de l’activité Congo In Harlem le 22 octobre 2016.  Le réalisateur Aron Modogo pense que ce festival est une opportunité, « c’est une occasion de voir les choses autrement, un temps de recevoir les critiques des spectateurs mais aussi de se mesurer pour s’améliorer».

Congo In Harlem a été ainsi clôturé le dimanche 23 octobre par un autre film « Trans-Ville », qui signifie « transport en commun » dans un langage de Goma, ce court métrage a été tourné en cette année 2016. Pendant 6 minutes, Hubert Bonk rend hommage à la femme forte, la femme qui ne baisse pas le bras, dans ce film portrait documentaire d’un groupe pionnier des conducteurs d’autobus féminins à Goma, dans l’est du Congo. Un film qui explique l’aspect genre dans la ville de Goma. Son réalisateur, Bonk pense plutôt à une ouverture pour les réalisateurs de sa génération. Content de voir son film projeté, il croie qu’il a envie de faire mieux et de partir au-delà pour produire plus dans l’avenir.

Pour valoriser le cinéma congolais et créer l’éveil de conscience de la jeunesse congolaise, Congo In Harlem a consacré ainsi trois jours, non seulement d’évasion mais aussi d’échange autour des tables rondes, des spectacles et des événements spéciaux axés sur  l’histoire, la politique et la culture de la République démocratique du Congo.

International Alert et Yole Africa fêtent l’art de la paix à Goma

Le 21 septembre de chaque année le monde célèbre la journée internationale de la paix, une date qui coïncide avec les 30 ans de International Alert. Pour cette année 2016 International Alert en partenariat avec  le centre de création artistique Yole!Africa et ses partenaires ont choisi la ville de Goma pour  fêter cette journée à travers des activités artistique (l’art de la paix), notamment la réalisation d’une peinture murale à l’université Libre des Pays des Grands lacs (ULPGL) comme symbole de la paix.

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les artistes réalisent une peinture murale à Goma (ph: Benoit_MUGABO/YoleAfrica)

A Goma, dans l’enclos de ULPGL où la manifestation s’est déroulée, dans un climat de paix et de fraternité, Sous les cieux claires, un petit vent des arbres, assis dans des tentes,  plusieurs jeunes, étudiants et autres acteurs de la paix ont répondu présent à la journée internationale de la paix. « Tout commence bien au rythme  la paix comme mode vie » s’exclame Ganza Buroko, coordonnateur du centre de création artistique Yolé!Africa. Dans son discours, le recteur de l’ULPGL, Kambale KARAFULI est revenu sur l’importance du thème de cette année qui est « les objectifs de développement durable, composantes de la paix ». A son tour la directrice RDC de International Alerte, Maria a rappelé plutôt la mission de International Alert ; celle de la consolidation de la paix à travers des organisations locales de la société civile par la recherche, le plaidoyer, le renforcement des capacités, le dialogue inclusif, et la participation politique et citoyenne et de la campagne #ART4PEACE. Elle a aussi exposé le nouveau logo de son organisation au public, un logo plus explicatif dans sa vision.

A cette occasion, une grande activité artistique couronne la journée.  Boite de peinture et pinceau à la main, filles et garçons, sourire, connexion et concentration  se retrouvent cote à cote pour la réalisation de la peinture murale à l’ULPGL.  L’activité n’a pas seulement réussi à réunir plusieurs acteurs de la communauté du  Nord-Kivu  mais aussi à intégrer l’aspect genre dans l’art et la recherche de d’une paix durable. Toute une histoire de vie, de rêve, des passions et bientôt une bonne réalité, cette mure doit nous rappeler chaque fois notre engagement à la consolidation et au sauvegarde de la paix.

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Un homme et une femme en pleine réalisation de la peinture murale à Goma (Ph: Benoit_Mugabo/YoleAfrica)

Que signifie la paix pour les participants ? Tout le monde à cette activité a écrit sur un papier le mot qui symbolise la paix selon ses attentes. Il était remarqué certains mots repris comme Justice, Femme, Amour, tolérance, cool, droit, transparence.

Dans cette ambiance,  les danseurs du groupe, NewYoungCompagny,  volontaires pour la paix ont aiguillés un public sur le thème du dialogue pour la paix qu’ils ont interprété par des pas de break dense. Emu par des œuvres artistiques, le public se dit engagé à la recherche de la paix.

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certains danseurs de New young Compagny sur scène pour la paix 

Signalons que la réalisation d’une peinture murale pour la paix s’est déroulé dans plus des seize pays du monde.

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Dans un commentaire dites en un mot que signifie la paix pour vous et expliquez-vous brièvement !