Boite à suggestion de la police, un cœur vide à remplir !

Partout dans le monde, à quelque mètre de chez toi, il y a un poste de la police.  Aujourd’hui je me promène à Turunga, un petit village voisin à la ville de Goma, actuellement confondue à un des quartiers périphériques de cette capitale touristique de la RDC où il y a aussi une station de la Police Nationale Congolaise(PNC). Ce bureau a mis à la disposition du public une boite à suggestion. Quoi y mettre ?

boite à suggestion_innocent buchu

Boite à suggestion de la police à Turunga. ph. Innocent Buchu

-par Innocent Buchu

Ce dernier temps, je passe mes weekends, comme un chasseur d’animaux, à traquer les images (à prendre des photos voire les vidéos). Aujourd’hui je quitte un peu Goma, j’ai envie de faire ma chasse dans les périphéries. Voici Turunga !Construit sur la lave volcanique, le social m’intéresse, la population, les enfants souriants, ses autorités, la sécurité.

Pour faire bonne impression, je me dirige au bureau de ce village. Et je savais que là-bas je vais trouver des informations, apprendre sur les milieux intéressants du coin.

Hop ! Mon premier regard tombe sur cette boite à suggestion de la police. Dans ma tête je me suis posé tant de questions. J’ai passé deux minutes sans penser à rien avant de me demander s’il y a quelque chose à l’intérieur de la boite.

La boite à suggestion a pour but, de collecter et de réaliser des idées, comprises comme des suggestions d’amélioration. C’est une pratique qui fait participer tout le monde à l’émergence de la qualité d’un service, inclus ce de la police… !

Alors je vous laisse compléter ce petit billet

En commentaire écrivez ce que vous pouvez laisser dans la boite de suggestion de la police de votre ville.

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Mwanamuke Shuja Art Pour l’image positive de la jeune fille congolaise

Il est 6h00 à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo. Pamela Tulizo, 24ans, avec son appareil photo au coup s’appoche d’une vingtaine des jeunes filles qu’elle encadre dans « Mwanamuke Shuja Art », en Swahili « Femme Forte Art » qui est une organisation qui promet la femme au travers de l’art : la peinture, le dessin, la photographie et l’art plastique. Elle doit prendre chaque matin quelques photos dans la rue avant d’aller à son bureau. Elle milite pour montrer les forces de la femme.

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Pamela Tulizo montre les jeunes filles comment utiliser un trépied (Crédit Photo: Christina/M!Shujart)

Il y a deux ans que Pamela a initié cette organisation des femmes artistes. Et jusque là tout avance bien. « L’idée c’est de faire découvrir le point fort des femmes dans une région longtemps secouée par les guerres et où on ne montrait que l’image de la femme en vulnérable » raconte Pamela, toute révoltée.

Son association est le fruit du projet de quatre mois « Colors of connexion » qui a réalisé deux peintures murailles dans la ville de Goma. L’une sur la femme sous le marché de l’emploi et l’autre sur la femme et les élections. Mwanamuke Shuja Art encadre 24 filles dont la plus part sont des filles mères et sans occupation professionnelle. En RDC, plusieurs filles mères peinent à trouver place dans la société. Avoir un enfant sans mari ni foyer est vu d’un mauvais œil par la communauté.

Agées entre 14 et 20 ans, aujourd’hui elles se sentent utiles à elles-mêmes et à la société. « Il y’a des histoires qu’on arrive pas à raconter par la parole qu’on peut facilement partager par l’art» partage Florence. Tous les jours ouvrables dans les avant-midi, ces filles passent leur temps à l’association. « L’art m’aide à me retrouver, à me connaître, toutes ses amies à mes cotés sont désormais ma deuxième famille, dans l’art je me comprends moi-même » explique Florence qui dépose une boite de peinture sur sa table dans l’atelier.

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Les filles discutent sur les photos prises dans l’atelier avec Pamela Tulizo

Dans les heures d’après-midi ces filles fréquentent des écoles des récupérations aux frais de l’association qui a bénéficié d’un financement pour leur scolarité. « Elles sont amoureuses de l’art, et les études c’est leur rêve et une opportunité en or » pense Pamela qui veut donner un briefing sur la photographie.Pour elle, partager ce qu’elle connaît en photographie avec ces filles est une dette qu’elle paye à la société et à sa propre conscience vu qu’elle a été formée gratuitement. « je côtoyais juste plusieurs photographes et je leur posait des questions sur la photo. Et un jour un ami photographe me dit qu’il va m’apprendre. Martin Lukongo, l’un des meilleurs photographe de Goma m’a formé » narre cette photographe qui se reconnaît redevable. Dans cette lutte, les hommes ont un rôle à jouer.

Si Pamela a été formée par un homme, les autres hommes doivent encourager la jeune fille. Pamela n’a qu’un rêve: voir toutes ces filles s’approprier une phrase : « je peux, peu importe que je sois fille » !

– Par Innocent Buchu

Goma: Les journalistes et activistes des droits humains discutent sur la nonviolence !

Le rôle des journalistes et activistes des droits humains dans la promotion des actions non violentes en République Démocratique du Congo a été au centre des échanges du 14 au 17 février 2018 à Goma dans la province du Nord-Kivu. J’étais participant et je vous explique comment ça s’est passé !

atelier de formation sur la non violence_ ph_Clarice Zihindula

Jean-dedieu Alungwi explique les notions de la non-violence (Ph. Clarice Zihindula)

Par Innocent Buchu

« C’est à travers de la compassion qu’on lutte ! » Cette petite phrase me revient en tête. Son degré à influencer une personne est inimaginable. C’est en cette phrase que je résume toute la formation reçue ! Cette formation de quatre jours est dans le cadre du projet « citoyen démocrate » que l’association sans but lucratif Action et Initiative de Développement pour la protection de la femme et de l’enfant (AIDPROFEN) a organisé à l’intention d’une vingtaine des journalistes des médias locaux et activistes des droits humains. Le but de cette activité était d’appeler les journalistes a réalisé des reportages d’une manière professionnelle pendant la couverture des activistes des acteurs des droits humains et faire entendre leur voix.

« Les journalistes devraient s’impliquer d’avantage dans l’accompagnement des activités des activistes de droits humains » a souligné dans son discours pendant la cérémonie de clôture de la formation Passy Mubalama, Coordonnatrice de Aidprofen, tout en félicitant les journalistes du travail qu’ils fournissent déjà jours et nuits allant dans ce sens.

Passy Mubalama explique aux participants de l'atelier

Les participants à l’atelier sur la nonviolence (Ph. Clarice Zihindula)

Les activistes des droits humains présents à l’atelier ont eux-mêmes dénicher les forces et faiblisses de leur campagne. « Aujourd’hui j’arrive à comprendre comment planifier une action du début jusqu’à la fin tout en étant prudente et ne pas tomber dans des pièges. Je pense que cette formation va nous aider partout où nous allons passer » affirme Rachel Amani, une activiste web de la Blogosphère Gomatracienne (BloGoma) un mouvement de blogueurs de Goma.

Apres la fin de la formation, les apprenants ont passé un teste pratique où ils ont répondu, en tant que expert, aux questions que se posent la population sur la non-violence. Un teste que tous les apprenants ont réussi avec satisfaction. Les journalistes se sont engagés à promouvoir les questions de la non-violence dans leur billet.

« Les activistes ont un rôle important dans la communauté. Cependant ils doivent être plus prudents et plus pertinents dans des actions de changement positif souhaité dans la communauté» explique Jean-Dedieu Alingwi, formateur spécialiste de la non-violence dans sa conclusion. Il a encouragé les participants à appliquer les notions de la non-violence dans toutes les actions qu’ils auront à entreprendre pour éviter différents conflits avec la justice. Aideprofen compte poursuivre ce genre de formation avec d’autre couche de la population.

Je reste marqué par ma phrase de la formation « C’est à travers de la compassion qu’on lutte ». J’en parlerai en long dans le prochain billet !

RDC: Quand l’église devient la bête noire du pouvoir de Kinshasa.

Après le cardinal MOSENGWO, archevêque de Kinshasa, c’est le cardinal EKOFO, évêque de l’ECC (Église du Christ au Congo), le plus important regroupement d’Églises protestantes en RDC, qui a pris à parti les politiques congolais. Dans cet article collectif, nous vous présentons la lecture de 4 blogueurs de Goma, membres de la #Blogoma, (Blogosphère gomatracienne), faite sur cette situation. 

Paroisse-Notre-Dame

Dans son texte, Fraterne nous présente le synopsis du film retraçant la galère de la Majorité Présidentielle face à l’évêque protestant :

En « guerre déclarée » contre l’Église catholique, les politiques de la RDC se sont réfugiés chez les protestants pour honorer la mémoire des héros nationaux Laurent-Desiré Kabila et Patrice-Emery Lumumba. Par surprise, ici aussi l’orage a frappé. Les cieux se sont assombris pour la famille politique de Kabila, comme si la trajectoire d’un ouragan qui ne cherchait qu’à s’abattre sur elle était à ses trousses.

En trébuchant sur Mosengwo, la Kabilie est tombé sur un EKOFO faisant de son homélie en une excellente leçon de patriotisme. Avec des mots clairs et sans détours, telles des claques pour remettre les neurones de la classe politique en place, l’évêque protestant a donné un contenu magistral à l’adjectif « médiocre ».

Cette vérité sortie nue du puits était de nature à mettre à plat les batteries de la MP. Après la défaillance de l’opposition et des mouvement citoyens, la révolution tant attendue en RDC viendra-t-elle finalement de l’église ?

La révolution viendra t-elle de l’Église? s’interroge Innocent Buchu.

L’attachement de l’Église au Peuple congolais est visiblement une réalité souhaitée. un besoin, une illumination, un trajectoire de la lumière vers un pays plus beau qu’avant. Les beaux et longs discours des politiciens sont obsolètes. Même sans microscope on sait reconnaître que le peuple n’a plus confiance en eux. C’est normal, lentement, péniblement le peuple a tout compris.

Ils ont signé l’accord et n’ont pas eu le temps ni le courage de l’expliquer au peuple. Les politiques ont faillis à leur mission, les mouvements citoyens sont aussi abattus. Ils dispersent leur énergie dans des luttes aux buts partagés pour finir en « bagatelles ». La situation politique de la RDC inquiète jusqu’à réveiller même les plus mous et le plus dociles. « Seul qui ne vit pas au Congo peut se taire »! L’Église vient ménager le village à fin d’être au milieu comme il se doit.

Toutes ces phrases qui tourmentent la quiétude du pouvoir étaient imprévisibles surtout venant de la part de l’ECC. C’est en tremblant que les membres de la MP présents dans la messe ont reçu la parole édifiante du Monseigneur EKOFO. C’est un combat, une lutte pour la lumière et la vérité. Un bon exemple de la non violence, il ne suffit pas de le dire mais de le vivre.

La constitution, l’accord, la Bible c’est pareil! On ne libère pas un peuple, le peuple se libère !

De sa part, Blaise Ndola n’appuie pas cette confusion qui vient s’imposer entre « foi » et « positionnement politique » :

Je voudrais plutôt appeler ici à dissocier la « foi » des couleurs politiques ou bien le positionnement politique au pays actuellement. Il est évident que le comité de coordination des Laïcs, une institution reconnue au sein de l’Archidiocèse de Kinshasa, était la première institution à caractère religieuse à se lancer ouvertement sur ce terrain au travers de l’opération « Trompette de Jéricho » lancée en collaboration avec certains mouvements citoyens. Toute l’église catholique, à travers ses différentes diocèses et paroisses, n’avait pas suivi ce mot d’ordre. Je me rappelle même des propos du Monseigneur Marcel UTEMBI, président de la CENCO et Archevêque de Kisangani, qui avait dit que les réalités se diffèrent pour chaque diocèse et que chez lui à Kisangani les cloches n’allait pas sonner.

Dire ici que le positionnement par rapport à la situation politique actuelle du pays était liée à l’appartenance à une quelconque foi ne serait pas logique. Tous les catholiques n’ont pas la même position quant à ce. Récemment, le Monseigneur Jean-François EKOFO, lors de la messe en mémoire des héros nationaux a aussi pris position en dénonçant même l’inexistence de l’État au Congo.

Dans son camp, appelé le camp des protestants, il est aussi loin de faire l’unanimité. Certains pasteurs des églises dits « de réveil » continuent d’apporter leur soutien indéfectible aux actuels autorités du pays. Il ne serait pas donc question de « foi » mais plutôt une question de perception personnelle de la situation. Sans oublier que les dits responsables des églises qui prennent position, influencent plus d’un de leurs fidèles.

Chez les catholiques comme chez les protestants, les propos des leaders religieux ne sont pas encore unanimes. Aussi, les deux grands regroupements religieux majoritaires au pays ne sont pas les seuls. D’autres regroupements religieux jusqu’à preuve du contraire soutiendraient encore le régime en place.

Dans son texte, Bienfait Akilimali, quant à lui, trouve la voie de sortie dans ce virage de l’activisme du civil à l’activisme religieux :

De l’huile sur le feu. Entre majorité et opposition, l’église a fait son choix. Après que les anti-Kabila dans toutes leurs couleurs (RASSOP; mouvements citoyens, société civile) aient essayé, en vain, toutes les démarches pour mener à l’alternance démocratique, c’est bien le tour des confessions religieuses. De l’activisme « civil » à l’activisme « religieux »; ne serait-ce pas une voie vers la solution ?

Les hommes de Dieu (évêques et pasteurs) vexés par « la mauvaise foi » du pouvoir manifestent leur dégoût. Désormais ils ne loupent pas l’occasion d’exprimer leur engagement aux coté du peuple chaque fois que les yeux et les oreilles se tendent vers eux. C’est, sans nul doute leur nouvelle stratégie. Ils estiment qu’il est temps que le pouvoir soit rendu au souverain premier, le peuple, pour qu’il se choisisse d’autres représentants pour le bien de tous.

Textes compilés par Jean-Fraterne Ruyange

La première version de l’Article collectif est apparue sur le blog de Jean Fraterne.

« L’essentiel c’est d’apprendre, l’argent n’est pas principal » s’exclame Umugwaneza !

Ada Umugwaneza, danseuse venu du Rwanda a formé une trentaine de jeunes danseurs de Goma pendant dix jours en Septembre dernier. Retour sur cet événement dans ce billet de blog.

Atelier de danse à Goma

Ada Umugwaneza du Rwanda forme les danseurs de Goma en danses contemporaines et tradionnelles_ crédit photo. Innocent Buchu

Par Innocent Buchu

Pieds nus, attention concentrée sur son inspiration et son expiration, Umugwaneza Ada Jeanne coordonne les mouvements de son corps au rythme d’une douce musique traditionnelle du Rwanda, son pays natal. Des losanges dessinés sur son pantalon noir-blanc laissent transparaître son air relaxé. Derrière elle, une trentaine de jeunes reproduisent ses  mouvements, on dirait par effet miroir.

Nous sommes dans la cours du centre Yole!Africa où la danseuse rwandaise Ada Umugwaneza partage ses connaissances avec ses pairs congolais. C’est la première fois que cette jeune diplômée de 23 ans anime ce genre d’ateliers hors de son pays, après 3 ans de formation à l’école des Sables. Basée au Sénégal, l’école des Sables est un centre de formation professionnelle en danse traditionnelle et contemporaine d’Afrique. «J’entendais mes amis rwandais parler de la RDC et commençais à développer une certaine curiosité par rapport à ce pays » confie-t-elle timidement. « Grâce à l’invitation des danseurs de Goma, je suis entrain de découvrir ce grand et beau pays par moi même »

Ainée d’une famille moyenne de quatre enfants, Ada n’avait que la danse comme passion et rêve. Pour bon nombre de parents africains, la danse n’est pas un métier surtout pas pour l’ainé de la famille qui doit servir bon exemple du chemin de l’école normale comme la médecine, l’économie, le droit, etc pour ses petits frères et petites sœurs. « Moi même je ne m’imaginais pas faire de la danse un métier aussi sérieux que je ne le fais maintenant » reconnaît-elle.

Apres son diplôme de l’école secondaire au Rwanda elle a obtenu une bourse d’étude de danse de la part de Germaine Acogny, fondatrice de l’école des Sables qui a repéré la passion et l’amour de Ada à la danse au Rwanda. ‘’J’aime la danse car elle me fait tout oublier; notre danse n’est pas violente je passe tout mon temps à danser’’ raconte Ada avec énergie.

Pendant les 10 jours passés avec les danseurs de Goma, l’échange interculturel a fait ses preuves. «Je travaille dure actuellement, sur la respiration et la relaxation car je viens d’apprendre dans cet atelier que c’est aussi un atout pour tout style de danse» dit en soufflant un danseur de hiphop participant à cet atelier de contemporaine.

Singulièrement pour Umugwaneza, l’essentiel c’est d’apprendre et faire mieux, l’argent n’est pas principal.

RDC : Une salle de classe, deux cours différents, confusion à Kibumba

Débuté depuis le 04 septembre, dans les rues, on ne peut que remarquer la présence d’écoliers et élèves en provenance et en partance de l’école. De l’autre coté de la province du Nord-Kivu, à Kibumba dans le territoire de Nyiragongo, cette année 2017-2018 commence avec plusieurs difficultés. C’est notamment le cas de l’institut KIBWE. Une école de 196 élèves, et où les élèves de deux classes différentes étudient dans une même salle de classe.

  • Par Innocent Buchu

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Les élèves des 5e années pédagogie et sociale dans une même salle de classe à l’institut Kibwe de Kibumba en RDC. ©Innocent Buchu

Deux tableaux noirs face à face, deux voix à la fois, on se croirait dans un marché central. Deux professeurs se regardent mais chacun donne cours de son coté dans une salle de classe. La 5e année technique sociale et celle de la pédagogie sont confondues. Quelle voix suivre se demande les élèves. «Difficile de se concentrer, on ne peut rien comprendre dans cette classe où les élèves de différentes classes se donnent le dos, se touchent, se parlent et discutent sur des sujets que l’enseignant de derrière peut lancer à ses apprenants.» nous confie Rebecca Ndayambaje, élève de 5è pédagogie qui a étudié dans ces mêmes conditions l’année passée.

L’école secondaire Kibwe est une institution publique. Elle fonctionne avec six salles pour dix classes d’élèves. Elle organise deux sections, la pédagogie et la technique sociale avec 16 enseignants mécanisés mais non payés.

Chaque année le gouvernement congolais et l’Unicef organisent au moins une grande campagne comme « Back to School», «Filles et Garçons, tous à l’école » à travers la République, pour faire appel aux parents d’envoyer les enfants à l’école sans oublier la campagne « toutes les filles à l’école ». Un problème d’organisation et de planification. A quoi servent toutes ses campagnes quand bien même le gouvernement ne prépare pas le lieu où il va accueillir tous les élèves, murmure un enseignant à côté du bureau du préfet. Il ne fait que crier « tous les enfants à l’école » qui n’est qu’un slogan au niveau de l’acquis de droit, ajoute-t-il.

Les parents d’élèves ne vivent que des activités champêtres dans une zone qui a été plusieurs fois touchée par la guerre et où l’économie n’a pas encore décollé. Et pourtant l’école ne vit que de frais de minerval que donnent les parents. Cette école de la chefferie possède un hectare de terre, depuis 2008, qu’elle peut exploiter mais manque un bienfaiteur pour lui construire quelques bâtiments. L’école ne tente pas de construire seule car elle n’a pas l’argent. Un élève paie 50 dollars toute l’année. Les parents sont sinistrés et les affaires ne marchent pas pour que les parents soutiennent notre école avec un peu de sou pour la construction, explique monsieur Sebikware Bezabavaro Eugene, préfet des études de l’Institut kibwe.

« Le gouvernement semble démissionnaire quand il s’agit de l’éducation de nos enfants » nous a confie un parent qui est venu prendre son enfant à l’institut Kibwe.

Le préfet continue à faire des démarches pour que cette situation soie réglée le plus tôt possible, il a écrit aux différentes Organisations non gouvernementales et au fond social de la république pour décrocher un financement pour la construction mais sans succès. Il continue de crier au secours! Jusque là il ne sait pas à quel saint se vouer. Avec un air désespéré, « Même le gouvernement n’écoute pas mes cries », se lamente ce chef d’établissement.

Ce qui retient encore ce préfet des études dans cette école c’est juste la passion de l’enseignement et son cœur de parent mais il pense qu’il devrait démissionner vu que les conditions ne sont non seulement réunies mais aussi pas acceptables.

CIFF2017 : Du film à la Rumba au lancement de la 12e édition du festival du cinéma

« Eza possible, en lingala facile ; ni possible en swahili facile et c’est possible ! » c’est avec ce mot que Petna Ndaliko Katondolo, fondateur de Yolé!Afica et directeur artistique du Congo International Film Festival  CIFF2017 a introduit ce 8 juillet 2017 sa présentation pendant la cérémonie d’ouverture  de cette 12e édition. J’ai été ravi que chanceux d’être là !

réalisatrice Amelia Umuhire repond aux questions de Petna Katondolo, directeur artistique du Ciff2017

La réalisatrice Amelia Umuhire repond aux questions de Petna Ndaliko (ph. JustKas)

Par Innocent Buchu

Une heure avant le lancement !

C’est en plein air à Cap Kivu l’hôtel! Au bord du lac Kivu, un vent doux souffle sous les lumières colorées des projecteurs en provenance de tous les coins cardinaux. C’est un festival ! À l’entrée principale, un tapis rouge devant la bannière préparée pour des photos. Des jolies demoiselles en tenue avec inscription « tout est possible » en dessous de l’effigie de Lumumba sur leur T-shirt Cole-V esquissent un sourire à tout festivalier qui s’approche. « Jolie sourire » je complimente une fille du protocole.  Elle répond gentiment « merci » avec un remix de sourire. Tout commence bien en tout cas !

Je me positionne dans le jardin, pour bien observer… !

Tous les volontaires sont chacun à son poste, des techniciens de son, des caméramans derrière les caméras, des photographes, des électriciens, des communicateurs pour le live Tweet devant des machines, des administratifs. Ils sont convaincus qu’ils font un bon travail pour la communauté. C’est aussi l’un des objectifs de ce prestigieux festival du cinéma. « Engagé la communauté locale dans l’auto prise en charge et l’éveil de conscience » a dit Ganza Buroko, coordonnateur volontaire du festival CIFF.

Hey ! Le cinéma avant tout. Pour l’instant seul le rétro-projecteur reste allumé : Sur l’écran géant, le premier court métrage « Mugabo » est à l’honneur. C’est un film de 6 minutes de Amelia Umuhire, réalisatrice Rwando-Allemande de série web venue de l’Allemagne. C’est l’histoire d’une jeune fille qui rentre visiter sa ville natale après une longue durée d’absence, les mélange des souvenirs et des questionnements sur l’existance. Apres un temps de critique et des questions, nous regardons le deuxième film de 23 minutes, « Peer Gynt ». Premier film du réalisateur Belge Michiel Robberecht tourné dans la province d’Equateur en République démocratique du Congo. C’est l’histoire de Peer Gynt qui se retrouve emprisonné dans un petit village où personne ne croit aux histoires fantastiques qu’il passe son temps à raconter lorsqu’un jour il disparait et son imagination devient réalité.

les journalites-bloggueurs Innocent buchu et bernadette Vivuya posent pour une photo @Benoit_Mugabo

Les journaliste-blogueurs Bernadette Vivuya et Innocent posent pour une photo (Ph. Benoit Mugabo)

Très galant, un concours surprise de fashion où les expatriés et les nationaux dans le public exhibent chacun son style d’habillement, une bonne façon de s’amuser. Entre les rires et les accolades, j’ai vu nombreux tisser des nouvelles connaissances et prendre des photos souvenirs.

les participants au CIFF2017 exhibent leurs fashion

Expatriés et nationaux dans le public exhibent fashion

Avant de danser la Rumba et le Ndombolo congolais, on discute avec les personnes qui nous paraissent intéressantes, le Congo International Film Festival nous permet de nous connecter.

Les finalistes du secondaire contents de voir leurs chemises déchirées

Plus de 52 milles candidats élevés finalistes ont participé aux Examen d’Etat (EXETAT) 2017 dans la province du Nord-Kivu. Le jeudi 22 juin était le dernier jour de ces épreuves. Dans les rues de Goma, 8 sur 10 élevés  portent de chemises déchirées et tachées à marker par les étudiants des universités voire même par les finalistes eux-mêmes. Hien, Je suis là et j’observe !

Les élèves finaliste de SC Mama Mulezi

Les élèves finalistes du CS. Mama Mulezi après le dernier examen d’EXETAT dans la rue de Goma (ph. Innocent Buchu)

Une tradition ?

C’est déjà connu de tous, le dernier jour des EXETAT doit être mouvementé et excitant que jamais. Il suffit de se retrouver dans une rue même du quartier pour le constater.

Déjà à partir de 10h, un engouement devant les centres des examens d’Etat dans la ville de Goma. Des étudiants de plusieurs institutions supérieures sont venus sensibiliser les futures camarades étudiants, actuels finalistes du secondaire. Ils ont en main des dépliants de leurs institutions respectives. « Je suis venu sensibiliser les amis et voir qui pourra venir dans notre université », justifie Fazili jean de sa présence. « C’est ma façon d’encourager et d’attirer ceux qui seront bientôt dans l’univers ouvert à choisir mon domaine » ajoute cet étudiant de l’Institut Supérieur de Commerce (ISC).

Au-delà de la sensibilisation, les étudiants bénissent les lauréats ! D’une façon très spéciale.

Toute souriante et fière, Alice Matata une jeune élève de 18 ans vient de finir son examen. Sa chemise est devenue comme un tablier de cuisine. Devant l’enclot d‘un des  centres d’Exetat , au Lycée Anoirite de Goma,  Alice donne ses deux stylos noirs à un étudiant avant de lui demander d’écrire 58% sur sa chemise. C’est tout ce qu’elle attend comme résultat pour son diplôme. D’autres étudiants l’ont approché pour déchirer sa chemise et y  écrire les noms de leurs institutions avec divers markers, noirs, bleus, rouges, vert…

Elle est contente ! « Il le faut, je me dis que c’est ma dernière fois de porter cette uniforme, c’est pourquoi j’ai prévu un T-shirt en dessous de la chemise  s’exprime Alice avec joie.  Je ne peux même pas m’imaginer laisser cette chemise à ma petite sœur », Ce que pouvait aimer beaucoup de parents de Goma, « elle va acheter la sienne » dit cette élève de Ujuzi en regardant sa chemise. Alice d’ajouter qu’elle pouvait déchirer elle-même s’il n’y aurait pas quelqu’un pour le faire.

Certains étudiants ont suivi les finalistes même dans les rues, pour voir qui sa chemise est encore  intacte. « C’est une bénédiction que nous donnons aux finalistes. Nous déchirons parce que nous voulons leur réussite,  et je sais que ça influe sur la réussite» dit Patient Irenge, étudiant en G3 à l’institut supérieur des Grands Lacs (ISDR-GL).

Bon, je suis loin de penser à déchirer vos chemises,  je ne peux que vous souhaiter bonne réussite.

Je vous invite à commenter et partager !

Quand on connait une victime de violence sexuelle!

Victime d’un abus sexuel ou violence sexuelle, peu importe le terme employé, personne ne mérite cet acte. Mon amie l’a vécu. Je n’écris pas trop sur les émotions personnelles, pas trop sur mes opinions non plus les histoires d’amour… d’ailleurs cette historiette n’en est pas une, plutôt de colère. Ce texte provient de mon journal en dur que j’ai décidé de compléter tous les weekends.

Une fille violée replie sur soi_by_Buchu

DeLourde, une fille violée replie sur elle-même ( ph: Innocent Buchu)

Par Innocent Buchu

Bernadette DeLourde, jeune fille de 17ans, une connaissance un peu proche m’invite, triste elle-est depuis une semaine. Remplie de la honte et la haine, on ne peut que le constater sur son visage. S’il existe l’absence de la joie, du bonheur on ne peut que lire le reflet de sa face. Je l’ai ressenti à son premier regard. Je n’arrive pas à décrocher son sourire… elle arrive quand même à me raconter l’histoire ! En terme simple, elle a été violée. Elle n’arrive pas à dénoncer, encore moins à parler de cette malheureuse situation.

Violée, mon amie l’a été !

Elle a été invitée par Nelson, le copain de sa confidente Deb. Nelson voulait discuter avec elle à propos de Deb. Très gentille, sans arrière-pensée,  DeLourde  se sent prête à aller sauver l’amour de ses amis Deb et Nelson, question de rendre servir.  Sans dire mot à Deb elle s’était rendue chez Nelson où elle avait rendez-vous. On dirait la diplomatie. Nelson, de son côté avait un autre plan que la pauvre ignorait. Hop ! Bien accueillis à l’Africaine chez Nelson… Avant de discuter de ce qui amène quelqu’un on demande d’abord des nouvelles (de la maison, la famille, les études et autres), c’est la coutume. Apres un bon moment Nelson a présenté à DeLourde à manger, des fromages…

Et comme le monde nous réserve toujours des surprises.

 DeLourde s’est retrouvée nue dans la chambre de Nelson. Ne sachant pas ce qui c’était passé. Elle s’est rhabillée et retournée chez elle comme si de rien n’était. En écoutant son témoignage j’ai eu envie de pleurer, je n’écoutais plus son histoire. J’ai retenu mes larmes tout simplement parce que je ne pouvais l’aider en rien si je pleurais aussi.  Ce que je voulais c’est de voir ce criminel en face sans savoir ce que je peu lui dire ou faire. Aux filles je ne me donnerais pas le kilo de vous interdire de visiter les hommes aussi surprenants que Nelson mais de faire attention. Faire tout pour ne pas être seule à seule avec lui.

Un calvaire que Delourde pense enterrer.

Personnellement je ne sais pas ce que je veux du violeur mais une simple bonne leçon suffirait, question de protéger les autres filles qu’il peut désirer abuser. La victime, elle, pense à la miséricorde divine et pense que Dieu va s’en charger. Elle peut avoir raison mais la Bible dit « A Dieu ce qui lui revient… »
Je ne suis pas concentré ça se voit  dans mon texte, je me rappelle de ce visage sans sourire ni attirance, visage fané par le viol. J’espère qu’elle va tenir son équilibre psychologique.

 

Projection de trois films de Goma dans le huitième Congo in Harlem

True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center ont organisé le huiteme annuel Congo in Harlem du 20 au 23 octobres 2016 à Maysles Cinema, à New York. Goma a été à cette occasion, bel et bien présente à l’évènement par  trois films des réalisateurs Hubert Bonk, Muhindo Abraham et Modogo Aron.

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Congo in Harlem est une série de films sans but lucratif produit par True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center. Pendant trois jours les participants ont assisté à une série de films, ceux de Goma y compris. « Ennemi du Temps », un  film court métrage de 12 minutes réalisé à Goma  par Muhindo Abraham. Une narration, fiction d’une femme, « Sifa, dans l’obscurité, attirée par l’obstacle de la réalité, se retrouve coincée entre le futur, le présent et le passé. Cette catastrophe pousse à traverser au fil du temps, derrière lequel sa réalité est cachée ». Rappelons que ce film a été sacré meilleur court métrage par « Goma capital du cinéma » dans le Congo International film Festival (CIFF) organisé en juillet 2016 par le centre d’échange et de création artistique Yolé!Africa qui prône la paix et la cohabitation pacifique à travers des activités artistiques à Goma en République Démocratique du Congo. Ennemi du temps a été projeté le premier jour de l’évènement c’est-à-dire le 20 octobre.

Un autre court métrage de 11 minutes, Kubuni, le deuxième film de Goma  projeté dans Congo in Harlem. Cet autre film fiction signé Modogo Aron son réalisateur, il raconte l’histoire « d’un écrivain, pris entre deux mondes, choisit un chemin inattendu ». Projeté en juillet 2016 à Goma avec un autre film « Kiomulozi » dans le quelle une de ses actrices, Amanda Uwimana  a remporté le prix meilleur actrice dans le CIFF. Ce film est apparu sur les écrans le deuxième jour de l’activité Congo In Harlem le 22 octobre 2016.  Le réalisateur Aron Modogo pense que ce festival est une opportunité, « c’est une occasion de voir les choses autrement, un temps de recevoir les critiques des spectateurs mais aussi de se mesurer pour s’améliorer».

Congo In Harlem a été ainsi clôturé le dimanche 23 octobre par un autre film « Trans-Ville », qui signifie « transport en commun » dans un langage de Goma, ce court métrage a été tourné en cette année 2016. Pendant 6 minutes, Hubert Bonk rend hommage à la femme forte, la femme qui ne baisse pas le bras, dans ce film portrait documentaire d’un groupe pionnier des conducteurs d’autobus féminins à Goma, dans l’est du Congo. Un film qui explique l’aspect genre dans la ville de Goma. Son réalisateur, Bonk pense plutôt à une ouverture pour les réalisateurs de sa génération. Content de voir son film projeté, il croie qu’il a envie de faire mieux et de partir au-delà pour produire plus dans l’avenir.

Pour valoriser le cinéma congolais et créer l’éveil de conscience de la jeunesse congolaise, Congo In Harlem a consacré ainsi trois jours, non seulement d’évasion mais aussi d’échange autour des tables rondes, des spectacles et des événements spéciaux axés sur  l’histoire, la politique et la culture de la République démocratique du Congo.