« L’essentiel c’est d’apprendre, l’argent n’est pas principal » s’exclame Umugwaneza !

Ada Umugwaneza, danseuse venu du Rwanda a formé une trentaine de jeunes danseurs de Goma pendant dix jours en Septembre dernier. Retour sur cet événement dans ce billet de blog.

Atelier de danse à Goma

Ada Umugwaneza du Rwanda forme les danseurs de Goma en danses contemporaines et tradionnelles_ crédit photo. Innocent Buchu

Par Innocent Buchu

Pieds nus, attention concentrée sur son inspiration et son expiration, Umugwaneza Ada Jeanne coordonne les mouvements de son corps au rythme d’une douce musique traditionnelle du Rwanda, son pays natal. Des losanges dessinés sur son pantalon noir-blanc laissent transparaître son air relaxé. Derrière elle, une trentaine de jeunes reproduisent ses  mouvements, on dirait par effet miroir.

Nous sommes dans la cours du centre Yole!Africa où la danseuse rwandaise Ada Umugwaneza partage ses connaissances avec ses pairs congolais. C’est la première fois que cette jeune diplômée de 23 ans anime ce genre d’ateliers hors de son pays, après 3 ans de formation à l’école des Sables. Basée au Sénégal, l’école des Sables est un centre de formation professionnelle en danse traditionnelle et contemporaine d’Afrique. «J’entendais mes amis rwandais parler de la RDC et commençais à développer une certaine curiosité par rapport à ce pays » confie-t-elle timidement. « Grâce à l’invitation des danseurs de Goma, je suis entrain de découvrir ce grand et beau pays par moi même »

Ainée d’une famille moyenne de quatre enfants, Ada n’avait que la danse comme passion et rêve. Pour bon nombre de parents africains, la danse n’est pas un métier surtout pas pour l’ainé de la famille qui doit servir bon exemple du chemin de l’école normale comme la médecine, l’économie, le droit, etc pour ses petits frères et petites sœurs. « Moi même je ne m’imaginais pas faire de la danse un métier aussi sérieux que je ne le fais maintenant » reconnaît-elle.

Apres son diplôme de l’école secondaire au Rwanda elle a obtenu une bourse d’étude de danse de la part de Germaine Acogny, fondatrice de l’école des Sables qui a repéré la passion et l’amour de Ada à la danse au Rwanda. ‘’J’aime la danse car elle me fait tout oublier; notre danse n’est pas violente je passe tout mon temps à danser’’ raconte Ada avec énergie.

Pendant les 10 jours passés avec les danseurs de Goma, l’échange interculturel a fait ses preuves. «Je travaille dure actuellement, sur la respiration et la relaxation car je viens d’apprendre dans cet atelier que c’est aussi un atout pour tout style de danse» dit en soufflant un danseur de hiphop participant à cet atelier de contemporaine.

Singulièrement pour Umugwaneza, l’essentiel c’est d’apprendre et faire mieux, l’argent n’est pas principal.

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RDC : Une salle de classe, deux cours différents, confusion à Kibumba

Débuté depuis le 04 septembre, dans les rues, on ne peut que remarquer la présence d’écoliers et élèves en provenance et en partance de l’école. De l’autre coté de la province du Nord-Kivu, à Kibumba dans le territoire de Nyiragongo, cette année 2017-2018 commence avec plusieurs difficultés. C’est notamment le cas de l’institut KIBWE. Une école de 196 élèves, et où les élèves de deux classes différentes étudient dans une même salle de classe.

  • Par Innocent Buchu

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Les élèves des 5e années pédagogie et sociale dans une même salle de classe à l’institut Kibwe de Kibumba en RDC. ©Innocent Buchu

Deux tableaux noirs face à face, deux voix à la fois, on se croirait dans un marché central. Deux professeurs se regardent mais chacun donne cours de son coté dans une salle de classe. La 5e année technique sociale et celle de la pédagogie sont confondues. Quelle voix suivre se demande les élèves. «Difficile de se concentrer, on ne peut rien comprendre dans cette classe où les élèves de différentes classes se donnent le dos, se touchent, se parlent et discutent sur des sujets que l’enseignant de derrière peut lancer à ses apprenants.» nous confie Rebecca Ndayambaje, élève de 5è pédagogie qui a étudié dans ces mêmes conditions l’année passée.

L’école secondaire Kibwe est une institution publique. Elle fonctionne avec six salles pour dix classes d’élèves. Elle organise deux sections, la pédagogie et la technique sociale avec 16 enseignants mécanisés mais non payés.

Chaque année le gouvernement congolais et l’Unicef organisent au moins une grande campagne comme « Back to School», «Filles et Garçons, tous à l’école » à travers la République, pour faire appel aux parents d’envoyer les enfants à l’école sans oublier la campagne « toutes les filles à l’école ». Un problème d’organisation et de planification. A quoi servent toutes ses campagnes quand bien même le gouvernement ne prépare pas le lieu où il va accueillir tous les élèves, murmure un enseignant à côté du bureau du préfet. Il ne fait que crier « tous les enfants à l’école » qui n’est qu’un slogan au niveau de l’acquis de droit, ajoute-t-il.

Les parents d’élèves ne vivent que des activités champêtres dans une zone qui a été plusieurs fois touchée par la guerre et où l’économie n’a pas encore décollé. Et pourtant l’école ne vit que de frais de minerval que donnent les parents. Cette école de la chefferie possède un hectare de terre, depuis 2008, qu’elle peut exploiter mais manque un bienfaiteur pour lui construire quelques bâtiments. L’école ne tente pas de construire seule car elle n’a pas l’argent. Un élève paie 50 dollars toute l’année. Les parents sont sinistrés et les affaires ne marchent pas pour que les parents soutiennent notre école avec un peu de sou pour la construction, explique monsieur Sebikware Bezabavaro Eugene, préfet des études de l’Institut kibwe.

« Le gouvernement semble démissionnaire quand il s’agit de l’éducation de nos enfants » nous a confie un parent qui est venu prendre son enfant à l’institut Kibwe.

Le préfet continue à faire des démarches pour que cette situation soie réglée le plus tôt possible, il a écrit aux différentes Organisations non gouvernementales et au fond social de la république pour décrocher un financement pour la construction mais sans succès. Il continue de crier au secours! Jusque là il ne sait pas à quel saint se vouer. Avec un air désespéré, « Même le gouvernement n’écoute pas mes cries », se lamente ce chef d’établissement.

Ce qui retient encore ce préfet des études dans cette école c’est juste la passion de l’enseignement et son cœur de parent mais il pense qu’il devrait démissionner vu que les conditions ne sont non seulement réunies mais aussi pas acceptables.

CIFF2017 : Du film à la Rumba au lancement de la 12e édition du festival du cinéma

« Eza possible, en lingala facile ; ni possible en swahili facile et c’est possible ! » c’est avec ce mot que Petna Ndaliko Katondolo, fondateur de Yolé!Afica et directeur artistique du Congo International Film Festival  CIFF2017 a introduit ce 8 juillet 2017 sa présentation pendant la cérémonie d’ouverture  de cette 12e édition. J’ai été ravi que chanceux d’être là !

réalisatrice Amelia Umuhire repond aux questions de Petna Katondolo, directeur artistique du Ciff2017

La réalisatrice Amelia Umuhire repond aux questions de Petna Ndaliko (ph. JustKas)

Par Innocent Buchu

Une heure avant le lancement !

C’est en plein air à Cap Kivu l’hôtel! Au bord du lac Kivu, un vent doux souffle sous les lumières colorées des projecteurs en provenance de tous les coins cardinaux. C’est un festival ! À l’entrée principale, un tapis rouge devant la bannière préparée pour des photos. Des jolies demoiselles en tenue avec inscription « tout est possible » en dessous de l’effigie de Lumumba sur leur T-shirt Cole-V esquissent un sourire à tout festivalier qui s’approche. « Jolie sourire » je complimente une fille du protocole.  Elle répond gentiment « merci » avec un remix de sourire. Tout commence bien en tout cas !

Je me positionne dans le jardin, pour bien observer… !

Tous les volontaires sont chacun à son poste, des techniciens de son, des caméramans derrière les caméras, des photographes, des électriciens, des communicateurs pour le live Tweet devant des machines, des administratifs. Ils sont convaincus qu’ils font un bon travail pour la communauté. C’est aussi l’un des objectifs de ce prestigieux festival du cinéma. « Engagé la communauté locale dans l’auto prise en charge et l’éveil de conscience » a dit Ganza Buroko, coordonnateur volontaire du festival CIFF.

Hey ! Le cinéma avant tout. Pour l’instant seul le rétro-projecteur reste allumé : Sur l’écran géant, le premier court métrage « Mugabo » est à l’honneur. C’est un film de 6 minutes de Amelia Umuhire, réalisatrice Rwando-Allemande de série web venue de l’Allemagne. C’est l’histoire d’une jeune fille qui rentre visiter sa ville natale après une longue durée d’absence, les mélange des souvenirs et des questionnements sur l’existance. Apres un temps de critique et des questions, nous regardons le deuxième film de 23 minutes, « Peer Gynt ». Premier film du réalisateur Belge Michiel Robberecht tourné dans la province d’Equateur en République démocratique du Congo. C’est l’histoire de Peer Gynt qui se retrouve emprisonné dans un petit village où personne ne croit aux histoires fantastiques qu’il passe son temps à raconter lorsqu’un jour il disparait et son imagination devient réalité.

les journalites-bloggueurs Innocent buchu et bernadette Vivuya posent pour une photo @Benoit_Mugabo

Les journaliste-blogueurs Bernadette Vivuya et Innocent posent pour une photo (Ph. Benoit Mugabo)

Très galant, un concours surprise de fashion où les expatriés et les nationaux dans le public exhibent chacun son style d’habillement, une bonne façon de s’amuser. Entre les rires et les accolades, j’ai vu nombreux tisser des nouvelles connaissances et prendre des photos souvenirs.

les participants au CIFF2017 exhibent leurs fashion

Expatriés et nationaux dans le public exhibent fashion

Avant de danser la Rumba et le Ndombolo congolais, on discute avec les personnes qui nous paraissent intéressantes, le Congo International Film Festival nous permet de nous connecter.

Les finalistes du secondaire contents de voir leurs chemises déchirées

Plus de 52 milles candidats élevés finalistes ont participé aux Examen d’Etat (EXETAT) 2017 dans la province du Nord-Kivu. Le jeudi 22 juin était le dernier jour de ces épreuves. Dans les rues de Goma, 8 sur 10 élevés  portent de chemises déchirées et tachées à marker par les étudiants des universités voire même par les finalistes eux-mêmes. Hien, Je suis là et j’observe !

Les élèves finaliste de SC Mama Mulezi

Les élèves finalistes du CS. Mama Mulezi après le dernier examen d’EXETAT dans la rue de Goma (ph. Innocent Buchu)

Une tradition ?

C’est déjà connu de tous, le dernier jour des EXETAT doit être mouvementé et excitant que jamais. Il suffit de se retrouver dans une rue même du quartier pour le constater.

Déjà à partir de 10h, un engouement devant les centres des examens d’Etat dans la ville de Goma. Des étudiants de plusieurs institutions supérieures sont venus sensibiliser les futures camarades étudiants, actuels finalistes du secondaire. Ils ont en main des dépliants de leurs institutions respectives. « Je suis venu sensibiliser les amis et voir qui pourra venir dans notre université », justifie Fazili jean de sa présence. « C’est ma façon d’encourager et d’attirer ceux qui seront bientôt dans l’univers ouvert à choisir mon domaine » ajoute cet étudiant de l’Institut Supérieur de Commerce (ISC).

Au-delà de la sensibilisation, les étudiants bénissent les lauréats ! D’une façon très spéciale.

Toute souriante et fière, Alice Matata une jeune élève de 18 ans vient de finir son examen. Sa chemise est devenue comme un tablier de cuisine. Devant l’enclot d‘un des  centres d’Exetat , au Lycée Anoirite de Goma,  Alice donne ses deux stylos noirs à un étudiant avant de lui demander d’écrire 58% sur sa chemise. C’est tout ce qu’elle attend comme résultat pour son diplôme. D’autres étudiants l’ont approché pour déchirer sa chemise et y  écrire les noms de leurs institutions avec divers markers, noirs, bleus, rouges, vert…

Elle est contente ! « Il le faut, je me dis que c’est ma dernière fois de porter cette uniforme, c’est pourquoi j’ai prévu un T-shirt en dessous de la chemise  s’exprime Alice avec joie.  Je ne peux même pas m’imaginer laisser cette chemise à ma petite sœur », Ce que pouvait aimer beaucoup de parents de Goma, « elle va acheter la sienne » dit cette élève de Ujuzi en regardant sa chemise. Alice d’ajouter qu’elle pouvait déchirer elle-même s’il n’y aurait pas quelqu’un pour le faire.

Certains étudiants ont suivi les finalistes même dans les rues, pour voir qui sa chemise est encore  intacte. « C’est une bénédiction que nous donnons aux finalistes. Nous déchirons parce que nous voulons leur réussite,  et je sais que ça influe sur la réussite» dit Patient Irenge, étudiant en G3 à l’institut supérieur des Grands Lacs (ISDR-GL).

Bon, je suis loin de penser à déchirer vos chemises,  je ne peux que vous souhaiter bonne réussite.

Je vous invite à commenter et partager !

Quand on connait une victime de violence sexuelle!

Victime d’un abus sexuel ou violence sexuelle, peu importe le terme employé, personne ne mérite cet acte. Mon amie l’a vécu. Je n’écris pas trop sur les émotions personnelles, pas trop sur mes opinions non plus les histoires d’amour… d’ailleurs cette historiette n’en est pas une, plutôt de colère. Ce texte provient de mon journal en dur que j’ai décidé de compléter tous les weekends.

Une fille violée replie sur soi_by_Buchu

DeLourde, une fille violée replie sur elle-même ( ph: Innocent Buchu)

Par Innocent Buchu

Bernadette DeLourde, jeune fille de 17ans, une connaissance un peu proche m’invite, triste elle-est depuis une semaine. Remplie de la honte et la haine, on ne peut que le constater sur son visage. S’il existe l’absence de la joie, du bonheur on ne peut que lire le reflet de sa face. Je l’ai ressenti à son premier regard. Je n’arrive pas à décrocher son sourire… elle arrive quand même à me raconter l’histoire ! En terme simple, elle a été violée. Elle n’arrive pas à dénoncer, encore moins à parler de cette malheureuse situation.

Violée, mon amie l’a été !

Elle a été invitée par Nelson, le copain de sa confidente Deb. Nelson voulait discuter avec elle à propos de Deb. Très gentille, sans arrière-pensée,  DeLourde  se sent prête à aller sauver l’amour de ses amis Deb et Nelson, question de rendre servir.  Sans dire mot à Deb elle s’était rendue chez Nelson où elle avait rendez-vous. On dirait la diplomatie. Nelson, de son côté avait un autre plan que la pauvre ignorait. Hop ! Bien accueillis à l’Africaine chez Nelson… Avant de discuter de ce qui amène quelqu’un on demande d’abord des nouvelles (de la maison, la famille, les études et autres), c’est la coutume. Apres un bon moment Nelson a présenté à DeLourde à manger, des fromages…

Et comme le monde nous réserve toujours des surprises.

 DeLourde s’est retrouvée nue dans la chambre de Nelson. Ne sachant pas ce qui c’était passé. Elle s’est rhabillée et retournée chez elle comme si de rien n’était. En écoutant son témoignage j’ai eu envie de pleurer, je n’écoutais plus son histoire. J’ai retenu mes larmes tout simplement parce que je ne pouvais l’aider en rien si je pleurais aussi.  Ce que je voulais c’est de voir ce criminel en face sans savoir ce que je peu lui dire ou faire. Aux filles je ne me donnerais pas le kilo de vous interdire de visiter les hommes aussi surprenants que Nelson mais de faire attention. Faire tout pour ne pas être seule à seule avec lui.

Un calvaire que Delourde pense enterrer.

Personnellement je ne sais pas ce que je veux du violeur mais une simple bonne leçon suffirait, question de protéger les autres filles qu’il peut désirer abuser. La victime, elle, pense à la miséricorde divine et pense que Dieu va s’en charger. Elle peut avoir raison mais la Bible dit « A Dieu ce qui lui revient… »
Je ne suis pas concentré ça se voit  dans mon texte, je me rappelle de ce visage sans sourire ni attirance, visage fané par le viol. J’espère qu’elle va tenir son équilibre psychologique.

 

Projection de trois films de Goma dans le huitième Congo in Harlem

True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center ont organisé le huiteme annuel Congo in Harlem du 20 au 23 octobres 2016 à Maysles Cinema, à New York. Goma a été à cette occasion, bel et bien présente à l’évènement par  trois films des réalisateurs Hubert Bonk, Muhindo Abraham et Modogo Aron.

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Congo in Harlem est une série de films sans but lucratif produit par True Walker Productions, Friends of the Congo, et Maysles Documentary Center. Pendant trois jours les participants ont assisté à une série de films, ceux de Goma y compris. « Ennemi du Temps », un  film court métrage de 12 minutes réalisé à Goma  par Muhindo Abraham. Une narration, fiction d’une femme, « Sifa, dans l’obscurité, attirée par l’obstacle de la réalité, se retrouve coincée entre le futur, le présent et le passé. Cette catastrophe pousse à traverser au fil du temps, derrière lequel sa réalité est cachée ». Rappelons que ce film a été sacré meilleur court métrage par « Goma capital du cinéma » dans le Congo International film Festival (CIFF) organisé en juillet 2016 par le centre d’échange et de création artistique Yolé!Africa qui prône la paix et la cohabitation pacifique à travers des activités artistiques à Goma en République Démocratique du Congo. Ennemi du temps a été projeté le premier jour de l’évènement c’est-à-dire le 20 octobre.

Un autre court métrage de 11 minutes, Kubuni, le deuxième film de Goma  projeté dans Congo in Harlem. Cet autre film fiction signé Modogo Aron son réalisateur, il raconte l’histoire « d’un écrivain, pris entre deux mondes, choisit un chemin inattendu ». Projeté en juillet 2016 à Goma avec un autre film « Kiomulozi » dans le quelle une de ses actrices, Amanda Uwimana  a remporté le prix meilleur actrice dans le CIFF. Ce film est apparu sur les écrans le deuxième jour de l’activité Congo In Harlem le 22 octobre 2016.  Le réalisateur Aron Modogo pense que ce festival est une opportunité, « c’est une occasion de voir les choses autrement, un temps de recevoir les critiques des spectateurs mais aussi de se mesurer pour s’améliorer».

Congo In Harlem a été ainsi clôturé le dimanche 23 octobre par un autre film « Trans-Ville », qui signifie « transport en commun » dans un langage de Goma, ce court métrage a été tourné en cette année 2016. Pendant 6 minutes, Hubert Bonk rend hommage à la femme forte, la femme qui ne baisse pas le bras, dans ce film portrait documentaire d’un groupe pionnier des conducteurs d’autobus féminins à Goma, dans l’est du Congo. Un film qui explique l’aspect genre dans la ville de Goma. Son réalisateur, Bonk pense plutôt à une ouverture pour les réalisateurs de sa génération. Content de voir son film projeté, il croie qu’il a envie de faire mieux et de partir au-delà pour produire plus dans l’avenir.

Pour valoriser le cinéma congolais et créer l’éveil de conscience de la jeunesse congolaise, Congo In Harlem a consacré ainsi trois jours, non seulement d’évasion mais aussi d’échange autour des tables rondes, des spectacles et des événements spéciaux axés sur  l’histoire, la politique et la culture de la République démocratique du Congo.

International Alert et Yole Africa fêtent l’art de la paix à Goma

Le 21 septembre de chaque année le monde célèbre la journée internationale de la paix, une date qui coïncide avec les 30 ans de International Alert. Pour cette année 2016 International Alert en partenariat avec  le centre de création artistique Yole!Africa et ses partenaires ont choisi la ville de Goma pour  fêter cette journée à travers des activités artistique (l’art de la paix), notamment la réalisation d’une peinture murale à l’université Libre des Pays des Grands lacs (ULPGL) comme symbole de la paix.

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les artistes réalisent une peinture murale à Goma (ph: Benoit_MUGABO/YoleAfrica)

A Goma, dans l’enclos de ULPGL où la manifestation s’est déroulée, dans un climat de paix et de fraternité, Sous les cieux claires, un petit vent des arbres, assis dans des tentes,  plusieurs jeunes, étudiants et autres acteurs de la paix ont répondu présent à la journée internationale de la paix. « Tout commence bien au rythme  la paix comme mode vie » s’exclame Ganza Buroko, coordonnateur du centre de création artistique Yolé!Africa. Dans son discours, le recteur de l’ULPGL, Kambale KARAFULI est revenu sur l’importance du thème de cette année qui est « les objectifs de développement durable, composantes de la paix ». A son tour la directrice RDC de International Alerte, Maria a rappelé plutôt la mission de International Alert ; celle de la consolidation de la paix à travers des organisations locales de la société civile par la recherche, le plaidoyer, le renforcement des capacités, le dialogue inclusif, et la participation politique et citoyenne et de la campagne #ART4PEACE. Elle a aussi exposé le nouveau logo de son organisation au public, un logo plus explicatif dans sa vision.

A cette occasion, une grande activité artistique couronne la journée.  Boite de peinture et pinceau à la main, filles et garçons, sourire, connexion et concentration  se retrouvent cote à cote pour la réalisation de la peinture murale à l’ULPGL.  L’activité n’a pas seulement réussi à réunir plusieurs acteurs de la communauté du  Nord-Kivu  mais aussi à intégrer l’aspect genre dans l’art et la recherche de d’une paix durable. Toute une histoire de vie, de rêve, des passions et bientôt une bonne réalité, cette mure doit nous rappeler chaque fois notre engagement à la consolidation et au sauvegarde de la paix.

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Un homme et une femme en pleine réalisation de la peinture murale à Goma (Ph: Benoit_Mugabo/YoleAfrica)

Que signifie la paix pour les participants ? Tout le monde à cette activité a écrit sur un papier le mot qui symbolise la paix selon ses attentes. Il était remarqué certains mots repris comme Justice, Femme, Amour, tolérance, cool, droit, transparence.

Dans cette ambiance,  les danseurs du groupe, NewYoungCompagny,  volontaires pour la paix ont aiguillés un public sur le thème du dialogue pour la paix qu’ils ont interprété par des pas de break dense. Emu par des œuvres artistiques, le public se dit engagé à la recherche de la paix.

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certains danseurs de New young Compagny sur scène pour la paix 

Signalons que la réalisation d’une peinture murale pour la paix s’est déroulé dans plus des seize pays du monde.

N’oubliez pas de partager ou de laisser un commentaire !

Dans un commentaire dites en un mot que signifie la paix pour vous et expliquez-vous brièvement !

Les films de Partick KEN KALALA et de Horeb BULAMBO projetés à Goma!

La RPDFI a organisé depuis le 05 septembre la semaine du Cinéma au Kivu. Cette activité va durer une semaine. Pendant cette messe culturelle plusieurs films sont projetés chaque jour à partir de 15h00. Pour cette troisième journée les films « André le géant » du réalisateur Kinois Partick KEN KALALA et « Avec ou sans ma tribu » de Horeb BULAMBO SHINDANO ont été projetés.img_0658

Hubert Furuguta et Amanda Uwimana avec le réalisateur Horeb Bulambo, dans la semaine du cinema (ph: Benoit Mugabo)

Apres l’annonce du premier film par le modérateur, éclairage coupé, le noir partout, juste un écran devant là-bas dans la salle de projection. Un public calme, on dirait « un silence on tourne de Hollywood ». André le géant est le premier film projeté dans la soirée, du réalisateur congolais patrick ken Kalala tourné à Kinshasa. Le réalisateur du film absent dans la salle doit être fier de son film aimé par le public gomatracien.

Après des rires et acclamations du public pour Patrick kenKalala de Kinshasa, le film « Avec ou sans ma tribu » du réalisateur gomatracien Horeb Bulambo Shindano, un autre géant du cinéma met le public en climat de qu’est ce qui va se passer… Tourné pendant deux ans à partir de 2004, ce film est projeté pour la première fois à Goma.

Ça commence bien !  Au premier vu du film, quelques grandes stars de la ville apparaissent à l’écran, le musicien traditionnel Aganze Ier, l’animateur Hubert Furuguta et la business woman  Amanda Uwimana.  Le public se retrouve. Ce film explique les réalités des mariages qui se célèbrent dans la ville. L’amour brise le tribalisme,  après un long combat du couple de Kalume et Nyota (acteurs principaux) meurtrie de tribalisme et découragé de se marier sous prétexte qu’ils ne sont pas originaires d’une même colline. Leur amour va enfin triomphé ! Une triste réalité qui ronge encore certaine famille aujourd’hui.  C’était une bonne évasion ! s’exclame un participant.

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le public devant l’écran de la semaine du cinéma au kivu

Un petit échange s’est improvisé juste après la deuxième projection de la journée. Les étudiants de la classe de prise de vue présents dans la salle ont  critiqué les films du jour. Ils ont profité à cette occasion, commenter le film d’il y a six ans et d’actuel. Une comparaison qui montre l’évolution du cinéma à Goma et en RD Congo.

Dans son mot après la projection, Hubert Furuguta espère qu’un jour Goma va amener des films à Hollywood, et cela très bientôt !

Goma : Bilsen et Buterinote lancent le CIFF 2016

Deux films ont inauguré la 11ème édition du Congo International Film Festival ce Samedi 02 juillet 2016 à Goma, dans l’Est de la RDC.« The Earth of my Art » de Alif Buterinote et « Elephants dream » de Kristof Bilsen retracent respectivement le pouvoir de la culture africaine et l’espoir du Congolais malgré les défis lié à sa vie au quotidien.

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vue d’ensemble des participants lors de  la projection de film au lancement du CIFF 2016 à Goma ( Ph Martin_Lukongo/YoléAfrica)

Par Innocent Buchu

Sous un ciel ouvert au bord du lac Kivu, il est 19h quand le directeur artistique de Yole!Africa ouvre  la onzième édition du Congo International Film Festival.
Autorités politiques locales, opérateurs culturels, réalisateurs locaux et internationaux et amoureux de l’art sont au rendez-vous.
Finis les différents discours, les projecteurs sont éteints, seul l’écran géant reste illuminé par le rétroprojecteur. C’est le moment crucial de la soirée, la projection des deux films d’ouverture du CIFF 2016 : « The Earth of My Art » (La terre de mon Art) du réalisateur Gomatracien Alif Buterinote et « Elephants dream » (Rêve d’éléphants) du belge Kristof Bilsen.

«The Earth of my art » ou la force de la culture africaine

« Il est bizarre qu’on continue à s’entretuer comme des animaux. Il est temps que l’Africain comprenne qu’il est capable de finir cette inlassable guerre. Sa seule arme, c’est sa culture qui est plus forte que toutes ces atrocités », Alif Buterinote jeune réalisateur Congolais après la visualisation du film.

Originaire de la province du Nord-Kivu, la province la plus connue de la RDC pour la recrudescence de la violence, Alif Buterino est touché par la situation sécuritaire de sa terre natale. Dans ce court métrage de 17 minutes purement artistique, il dénonce la main noire qui dirige sournoisement la guerre en RDC.
Malgré tout, ce jeune garde espoir. Pour lui, il y a toujours une brèche de sortie de crise car malgré toutes les menaces et atrocités, l’Afrique résiste à travers sa culture.

« Elephants Dream »

« Le Congo est  un géant au milieu de l’Afrique, au lieu  de raconter des histoires horribles comme on le voit souvent, je pense qu’il est temps de montrer la réalité de la vie quotidienne du Congolais, la passion qui le caractérise, l’amour, l’espoir, le doute »,le réalisateur Kristof Bilsen à travers les applaudissements de l’assemblée.

Pourlui, il est important aux  réalisateurs d’aller au-delà de la politique et de montrer d’une manière humaine cette lutte que mène le Congolais pour surmonter les différents défis liés à sa vie au quotidien.
Ce titre « Elephants dream », c’est pour monter cette grandeur d’âme et cet espoir dans un univers où tout semble ne pas aller, a-t-il martelé.

La soirée se clôture autour de 22H, ce premier jour ouvre une série d’activités qui continuent jusqu’au 10 Juillet 2016 : Ateliers de formation, table ronde, projections des films,…

CIFF : La grande messe annuelle du Film et de l’Art à Goma

Le centre d’échange et de création artistique Yole!Africa en partenariat avec ALKEBU Film Productions organise du 02 au 10 juillet 2016 la 11e édition du CIFF (Congo International Film Festival) autre fois appelé SKIFF (Salaam Kivu International Film Festival) à Goma. Dans le but de contribuer à la paix et la stabilisation durable à travers des manifestations artistiques et les renforcements des compétences dans ce domaine plusieurs musiciens locaux seront à l’honneur. Ils presteront devant un publique diversifié.

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Début juillet, des centaines de festivaliers, amoureux de l’art et invités en provenance de différents continents vont se rencontrer dans cette ville touristique de l’Est de la RDC. Grand et plus anciens Festival en RDC le CIFF a vu le Jour depuis 2005 en Province du Nord Kivu en ville de Goma sous l’initiative du Cinéaste Congolais Petna NDALIKO. Il rassemble chaque année les Cinéastes Congolais et étrangers autours de l’échange d’expérience pour un avenir commun. Dans le but d’encourager les œuvres locaux le CIFF  met en compétition plusieurs films locaux et décerne des prix à ceux qui seront meilleurs. Il offre également les séances de capacitation dans différents domaines de l’art aux personnes ayant souscrit à l’offre de formation sans aucune condition financière.

Pour agrémenter les moments forts de ce festival, différents artistes sont sélectionnés par le comité de l’organisation. Pour cette année, Muhinder MC l’un des artistes sélectionnés, affirme croire au management efficace pour la réussite de ce festival comme l’a été aux éditions passées ou il a presté.

Le CIFF considéré comme le principal parrain du film et de l’art en RDC ; Personne ne peux douter de la performance, du service de cette organisation qui du jour le jour expose les musiciens locaux (gomatraciens) à la scène internationale, explique NATI administrateur de musique chez YoléAfrica

Plusieurs artiste Musiciens se bousculent dans l’enregistrement des chansons en vue d’une sélection de ceux qui vont faire l’OpenMic, dont la condition principale est d’avoir un texte jugé pertinent par le jury de sélection.

Trois chansons des dix prévues, ont été enregistrées au studio de YoléAfrica de Goma dans les quelles au moins 12 artistes de la  « musique engagée » ont participé. La chanson far sera commune « Wake Up », écrite et réalisé selon le thème du festival choisit pour cette année « Plus Beau Qu’avant ».

Très interpellateur ce thème extrait de l’hymne national Congolais attire l’attention de plus d’un congolais et africain sur notre avenir commun.

Pour ces musiciens plus engagés comme jamais, le CIFF n’est que le début de nouvel élan de leurs carrières et une bonne occasion pour le monde entier d’intérioriser les messages prévus autours de ce grand thème Plus beau qu’avant.