À mon cher futur ex futur président!

Aujourd’hui je ne suis qu’un messager, je me suis porté volontaire au service du peuple vous faire parvenir cette lettre. je ne veux pas être tenté de la lire en route… la lettre vient de Diem Pympanum.

enveloppe-de-lettre-13002549À mon cher futur ex futur président,

Bonjour, mon nom n’est pas important. Je ne veux pas entrer dans l’histoire, du moins, pas celle-ci. Je suis congolais…, quand même. Je prends mes aises et j’espère que tu m’accorderas mon tutoiement (j’ai eu du mal à le faire, tellement l’on m’a appris à respecter les plus grands, mais qui sait qui tu seras? Dans tous les cas, n’y vois vraiment pas offense). Je vis et suis né au Congo ce cher et grand pays que beaucoup appellent, et je le pense à tort, “pays de Lumumba”. À tort, monsieur, parce que c’est mon pays Aussi. Je suis content que certains le comprennent de nos jours. C’est aussi ton pays. Et pas ce vulgaire éléphant blessé et mourant. Tous mes compatriotes, et plus pour ceux qui se reconnaîtraient dans ces quelques mots que je t´adresse le diront, ce pays, c’est notre terre.

Dévastée, nous savons maintenant que ses ennemis ne lui ont pas laissé le repos. Et depuis près d’un siècle les habitants d’une maison se sentent étrangers dans leur propre demeure, un siècle que des hommes, femmes et des enfants sont tués, réduits en esclavage, mutilés, torturés, tu le sais, je tais d’indicibles atrocités, des mots que je ne peux prononcer (nous sommes assez malades comme ça) ! Le monde s’en rend compte aujourd’hui et je ne permettrais pas qu’il fasse comme si c’est nouveau, ou comme si des gens de ce monde n’en savaient rien, je le leur refuse, ce droit à l’ignorance calculée, téméraire et blessante pour moi, et la mémoire. Un siècle de guerre et conflits intérieurs, dans nos cœurs et entre nous alimentés par ceux qui n’ont pas d’intérêt à la vie, la paix, les vendeurs du désespoir, que les fous du roi me contredisent! Qu’est-ce que ça veut dire que de vivre chez soi? Ceux qui sont nés et vivants, me répondraient-ils? Non. Très peu le saurait, aucun d’entre nous ne te dirait ce qu’est la liberté ou l’indépendance. Faire ce que l’on veut ou ce que l’on doit? Pour qui et comment, quelle direction ma nation a-t-elle? Ou sommes-nous seulement une nation? C’est vrai, très peu répondraient.

En fait, comme tous ceux que je connais jusque maintenant, j’ai peur. Au moment, où je t’écris tu es sûrement un citoyen modèle…, qui a peut-être une affaire, une certaine orientation; c’est qui sûrement te préparait à la tâche que tu exécute en ce jour. Mais, le disais-je, j’ai peur : pour vous et moi. Je vous le montre, mais plus brièvement et rapidement (sans prétendre t’apprendre l’histoire)… Bien, vendu depuis 1885, la terra nulius en plein cœur de l’Afrique devrait être exploitée par ceux qui avaient consentis à le laisser entre les mains des rois de Belgique. Je ne savais pas ce que ceci veut dire jusque très ressèment, ou les principales implications que je devais en tirer. Après, Lumumba et bien d’autres dont les noms sont restés dans l’ombre, ont lutté pour que les rois de Belgique nous laisse notre terre. Tellement des contrats, tellement têtus que personne ne pouvait le nier avec les acheteurs, avaient été signés, il y avait bien moins de risque à les voir mourir ou en prison à vie. Il suffisait juste que des larbins intelligents ou d’intelligents larbins, et des hommes du peuple acceptent de continuer de les respecter. Trahis par leur lutte, ou ce qu’ils pensaient en être une… et pour certains seulement, on en entendit jamais parler après… En fait, je ne fais pas mention de la tentative désespérée de la sécession dite “Katangaise” parce que tu sais qui l´aurait fomenté; une tentative désespérée (je note que celle que Yebela appelle Monique et ses c*…, je ne m’emporte pas, est apparue à la même époque), s’est soldé par un échec. Kasavubu (chassé du pouvoir et allé être assassiné?), le maréchal (empoisonné plusieurs fois et allé être assassiné?), Le Mzee (assassiné, ça au moins on le sait!), tous appuyés par des uns et des autres vinrent et passèrent, et à la fin, son fils (qui, selon ce qu’il a dit, mourrait “plombé”!!). Tu hérites d’une histoire à laquelle l’on a volontairement insufflée de la peur, du mépris et de la crainte (j’interprète): quand le bulamatari achetait nos terres pour du beurre, c’était parce que nous avions peur, impressionné par la présentation du beurre; quand l’on a récolté du caoutchouc pour un quota journalier au risque de ne plus toucher quoi que ce soit d’autre, ce fut de la peur; président, quand nous avons dansé devant un homme (qui faisait trembler les radios du monde, sans être prévoyant pour son peuple), enfants, mères et pères confondus, ce n’était point par plaisir, ce fut parce que ceci s’imposait à nous, il appartient à celui qui ne le pense pas, de ne pas se lever au rassemblement pour saluer la voix tremblante et rugissante du léopard, de vous expliquer pourquoi; et quand nous avons entendu à nos portes “nous sommes là pour vous libérer”… Et bien, avions-nous vu pire? Oui.

Certains d’entre nous se sont terrés dans leur maison depuis, et n’en sont jamais sortis. Pour quels motifs? Y a-t-il de mal à écrire les horreurs des grandes guerres du Congo? Non, mais les pages ne suffiraient pas… Ton équipe regorge de têtes bien faites (je l’espère), des hommes d’histoire, qui connaissent le passé afin de vivre le présent, et bla bla bla (je m’emporte pas, mais beaucoup en ont assez). Je suis navré, mais je suis sûr que comme moi, bien que qu’ayant reçu des coups de bâton pour la mémoriser, cette définition ne s’applique pas à certains,… non, à la plupart d’entre nous. On aurait dit que ça serait : … Science de l’homme qui se moquent du futur, se contentant du présent au mépris des faits du passé. Je n’invente rien, mais je ne suis pas aveugle pour autant. Et donc, certains parlent de 4 millions et d’autres de 7 millions de morts. C’est bien trop pour que…, pour que qui que ce soit essaie de se mettre à ta place. Non pas que l’on puisse te plaindre. Mais bien-sûr, tu as dû y penser avant de briguer ce poste, n’est-ce pas? La drôlerie de la chose ce que, personnellement et sur le moment, je ne t’envie pas. Pas seulement pour cette lettre. Mais parce que certains penseraient que ce ne sont pas tes affaires, qui c’est rien, que tu ne devrais pas t’en faire, que du El capo…, un seul, plusieurs? Qui sait?

Pour le peu de lecture que j’ai eu à faire de mon vivant (espérant ne pas mourir peu après avoir écrit, du fait de l’homme ou … Peu importe), le Rapport dit “Rapport du projet Mapping” (selon T. Michel, la pièce maîtresse, pierre angulaire pour faire régner la justice – sur laquelle je vais revenir) représente le un centième du bourbier que représente la RDC. Le quarante-neuf étant dans le passé de la centaine d’actes de vente (Contrats, conventions, accords) des terre et des vies de mes frères, tes frères, du moins, humains… Et le cinquante restant dans les futurs actes de vente, et dans les mauvais choix que certains (les têtes bien faites, t’en souviens-tu) vont tenté de te faire faire dès maintenants. Maintenant, oui, car comme pour plusieurs, je partage les mêmes doutes dans la nature de ta victoire (contre nous ou pour nous). Mais, j’écris pour t’encourager (je vais néanmoins finir de m’expliquer, peut-être comprendras-tu mon espoir). Et donc, il s’est créé chez nous ce que l’on appelle “un conflit cyclique”, un fait que certains professeurs de droit nomment “les faits en constellation”, mais un fait un seul est à l’origine de ce cycle, la colonisation (les responsables distraient les peuples du monde entier, reconnaissant des broutilles, pour le plaisir en plus! Je ne vais pas te faire mon cours d’histoire, tu fait parti de l’élite si tu es président. Et bien que l’histoire soit “piégée” (à tel point que l’on ne sait plus qui est qui, c’est un peu comme si, depuis tous les temps, la grand-mère avait toujours été le loup) tel que le dirait plusieurs stratèges (dont les tiens), et mon but n’est pas son désamorçage. C’est bien trop simple, la solution est notre but et l’on sait que demande le peuple; alors je voudrais, s’il te plait que tu me lise encore un peu.

D’aucuns pensent que le colonisateur avait pour objectif de ne jamais partir, il n’est pas bête d’avoir accordé les indépendances. On a tout compris…, on n’a pas tous compris, mais c’est déjà ça… Partir, disais-je, ce fut pour un but bien plus perfide : se faire rester, se faire appeler, se faire demander était plus moral. Certains n’ont pas hésité à parler du cercle de la victimisation. Acheter, vendre et gagner de l’argent était déjà un fléau chez eux, très peu compris mais assez dangereux pour que la dette soit en même temps l’ennemi et l’allié (pas ami, mais allié) de ceux qui avait de la fortune. Loin d’être moral, certains ont proposé la même stratégie qui avait encore la main serrée sur la gorge béante de l’Occident d’après guerre, proposé comme solution avec des noms vendeurs sous la bannière parfois innocente des agents du développement durable (certains ont compris). L’acte ou l’intention était mauvais, pas dans le chef de ceux qui l’appliquaient ou l’avaient conçu, mais dans le chef de celui qui l’avait conçu. Ceci fait parti des cinquante énigmes sur les cent, pour toi. Il sera donc question de justice? “Mais par où commencer?” Te diront ils. Je ne sais pas, je te le dis, et pas avec un sourire moqueur au coin de la bouche (troll face, tu connais la référence). Parce que du “Caoutchouc rouge” à “Qui sont les bouchers de Beni”, tu en auras du fil à retordre. Mais est-ce de ta faute? Je ne le pense pas personnellement. C’est juste que ceux qui sont venu avant toi n’ont pas été assez attentif à toi, à tes enfants, à ton futur et sûrement, à ton passé. Feras-tu la même erreur? Il n’y aurait pas de mal si tes prédécesseurs pouvaient dire pourquoi ils ont fait ce choix, en plus de nous convaincre. Mais rares sont ceux qui s’en donneraient le courage. Seulement parce qu’ils (pour “ils”) savent qu’ils ne sont pas humains, ou ont oublier qu’ils l’étaient, qui communiquer pour ne fusse que dire “10 personnes ont été assassiné lâchement dans la Chefferie X du territoire Y. Nous mettons tout en œuvre, nous traquerons, trouverons et poursuivrons les coupables”, ou encore “deux éboulements en moins d’une année dans les sites X, pour la sécurité, nous en interdisons l’accès”. Au lieu de ça, nous avons des hommes et de femmes du gouvernement, apeurés, toujours sur la défensive “nous ne sommes pas responsable”, ou encore “c’est faux!”, et le plus drôle “nous interdisons toutes manifestations publiques, des assemblées aux réunions de famille”. Des dirigeants, ayant peur du peuple, sans aucune maîtrise de la situation. Je leur en veux? Non! Qui te jugerait si tu échouais ? Plusieurs? Pas moi. Puisque tu n’as pas encore essayer. Tu n’as jamais été président, toi, nos lois le disent. Personne n’oserait parce qu’aucun ne se ventera de t’avoir donné l’exemple. Du moins, pas avant de te voir essayer. Je me dis que le délai constitutionnel a été le seul problème de celui qui est parti,…, qui va partir…, qui devrait partir,… Qui devra partir pour ton bien et celui de tous,… Enfin, c’est ce qu’on dit. Comprend mon scepticisme, nous avons connu très peu de bonne chose, et l’amour s’envole un peu plus chaque jour. Justice et paix donc, seront les axes de ton programme, mais pas sans stratégies… Enfermer les responsables des fuites financières dans les régies, les douanes, les impôts, c’est mieux payer les enseignants. Mais avant d’y arriver, aujourd’hui, puisqu’après avoir parlé du passé sans assez, le voici le présent.

Il y a toujours des morts, des viols, et l’amour s’en va des cœurs qui en avaient encore. Il est un temps des héros, quelque chose doit se passer, tous l’espèrent. Durant des années, j’ai attendu pour me sentir chez moi. De là où je suis, je ne peux pas faire 100 kilomètres à la ronde des terres, mes terres, le pays dont je suis national et citoyen, une patrie que j’aime, sans avoir peur que l’on ne me fasse disparaître. Le pire, ce que je peux ou ne pas savoir pourquoi, en fait, ce n’est plus important, et personne n’en saurait rien. Qui on est, n’est plus important. Qui dirait ceci pour le plaisir? Qui accepterait ceci sans en avoir mal au cœur? Est-ce seulement naturel?

Ce n’est pas une solution que de se dire “l’on se prend en charge”. Le congolais n’est ni français, ni américain. Puisque je te le dis, c’est le mot d’ordre de la jeunesse, de plusieurs couches sociales (?). Tu sais cher président, je sais que tes stratèges savent ce que sont les désavantages de la participation dans un pays où il n’y a pas encore des valeurs généralisées de citoyenneté, n’en déplaise à ceux qui y “travaillent”. En fait, n’en déplaise à ceux qui travaillent à les détruire, elle naît de la douleur qui se crée de leur sadisme. Je ne t’informe rien, certains seraient sauvés si ce pays sombre dans la division. Ils ne le cachent plus. Il est possible que l’on cherche dans l’histoire le pourquoi du comment, mais je connais très peu de pays prêt à traverser ouvertement les frontières pour te faire la guerre, au nom de tout ce en quoi ils croient ou ils pensent. J’espère seulement, fataliste que je suis, que la bonne cause que je pense confesser ne pas comprendre, que la raison est valide. Mais voici ce que je vais t’exprimer en ce moment, en respect aux lois de la causalité, la violence appellera la violence. Et là, tu te dis, “que me dit-il? Que formule-y-il? Une menace?” Non, ne te méprend pas, cher président. Ce n’est pas moi qui menace, ce n’est pas de moi qu’il faut avoir peur. Ce n’est pas moi qu’il faudrait craindre. La crainte devrait être pour la Main vengeresse de la causalité, posée depuis le fondement de la terre, cette loi ne bougera pas aussi longtemps que des hommes et des femmes seront tuées, mais encore, ausi longtemps que ton cher fils ou ta chère fille pendra du sucre dans le dos de ta chère femme (ça c’est si tu es un homme marié). Ce bol qui lui tombe sur la tête…, ce doigt qui se brûle, … oh mais loin du cours de moral, je reviens sur les faits, comme des milliers d’hommes et des femmes de ton cher pays, j’ai pardonné, comme devraient le faire ceux qui veulent la paix. Comme de milliers d’hommes et de femmes de ce pays, j’ai beaucoup perdu. Mais moins que des millions d’hommes et de femmes de ce pays, j’ai été épargné, mis à l’écart. Mais à chacun son cœur, ses choix, une autre des inquiétudes des cinquante attentions sur cent. Il est utile qu’à ce niveau rien ne soit perçu comme étant la raison qui justifie les actions violentes. J’ai lu que la violence est communautaire et jamais étatique. Que l’Etat est la négation de la violence. Que donc, dans tous les endroits où la violence a été le mot d’ordre, elle a été dû au renfermement des uns (communautés) par rapport aux autres (Communautés). Un fragile équilibre entre l’authenticité, la diversité et le commun, l’unicité, cette chose qu’est l’Etat; un autre cinquante par cent. Cette théorie te questionne, tant que ça continue, Sommes-nous donc dans un État? Ou un amas de communautés obligées de vivre dans les mêmes frontières? Scission, sécession et balkanisation sont sur ta table, signeras-tu ou pas?

Bien des gens suivent les débats des parlements provinciaux et national. Bien des gens n’ont plus confiance dans la représentation. Bien des gens ne veulent plus s’engager. Bien des gens pensent que le politique n’est plus la solution pour que l’on réussisse. Qui sait ce qu’il nous faut? Si un seul congolais vous le propose, je pense qu’il sera en train de te tromper. Le problème est bien plus profond, bien plus complexe, bien plus obscur. Je te donne un exemple, le coltan du Nord-Kivu enrichit les entreprises de télécommunication et électroniques, sur des décennies à l’avance. Les patrons questionnés à ce sujet détournent leur visage, ce geste fort et révélateur, ignorant ainsi le mal qu’ils causent en exploitant des enfants qui creusent dans la chaleur étouffante des tunnels dans plusieurs provinces, contrôles ou non par des hommes ou des femmes qui vendent ces richesses congolaises pour des armes… Ça ne te rappelle rien… Bulamatari, nos chefs et le beurre. L’on enrichit des centaines de grande familles euro américaines, et des gens meurent pour le pétrole des grands lacs africains. Les gens meurent donc, à cause des ressources naturelles, ou sont-elles une excuse? La valeur de la vie a sérieusement chutée au monde après chaque grande guerre. Et ce, peu importe où elle a eu lieu. Mais les guerres de maintenant sont dans les environs de l’Afrique, et celles dont les ressources naturelles sont le sujet, la RDC est au centre de la plupart des conflits. Le mobile est l’accumulation des ressources naturelles. Les ressources naturelles sont la matière première à l’accumulation des richesses. L’on ne supporte pas donc que le congolais soit riche par le sort. Ils pensaient nous diviser, ils nous ont enrichi. Et même aujourd’hui, ils pensent nous monter contre nos voisins, mais ceci nous profitera. Ce facteur incontrôlé par l’homme est un refuge.

Je saute à l’accumulation des richesses par le pays, les régies financières sont apparemment des vraies passoires, je ne les connais même pas toutes. Certains croient même que l’interruption de ces fuites permettraient aux enseignants d’être payés, aux militaires d’efficacement défendre les frontières nationales, et non s’acheter des flats dans les pays étrangers, puisque le plus secure des lieux serait et resterait le pays. L’un de tes proches (et espérons qu’il le restera) a dit qu’il y a plusieurs groupes armés parce qu’il n’y a pas de confiance entre l’armée nationale et la population. Mais il n’y en a pas tout simplement parce que la confiance entre les dirigeants et les dirigés est aussi en rupture. Car, en effet, à qui les ordres sont-ils transmis et par qui (je dis ça, je ne dis rien). Le jeune se bat dans ces groupes, sait-il pourquoi, si ce n’est que des plus vieux (sensés être sages) sont venus le lui demander? Si je ne me reconnais plus dans celui qui prend la parole à mon nom… J’y pense. Imagine que le jeune s’unisse et s’élève, le lui refuse publiquement. Car oui, ceci arrivera. Il ne peut en être autrement. Je pense que la manipulation des éléments des circonstances est tellement délicat que le premier feu exagéré a causé et causera le cancer. Cher président, je suis sincèrement navré. Le passé nous hante tellement on n’en apprend rien. L’apprentissage est tellement difficile, le changement ne nous arrangeant pas… (Ce n’est pas encore la fin) Nous sommes communautaires. Je le dis parce que je suis sensible (c’est un piège, attention à ceux qui me prêtent des intentions, je fais une projection, je l’avoue). Mais je fais parti de ceux qui pensent que les théories de l’Etat et la démocratie à l’africaine est une acception qui est en gestation. Je pense que la Démocratie à l’africaine est déjà née. Bien que des efforts colossaux sont fournis pour l’empêcher, ces efforts ont fait et font notre histoire. Je pense être enfin fixé sur un avis sur l’Hymne nationale : je suis tout à fait d’accord que l’Hymne national congolaise aient la majorité des verbes configurés au futur simple. Plus triste serait la réalité si nous avions ces mots au passé. Elle est porteur d’espoir. La lutte a été difficile, mais rien ne sera plus facile. Plus conscient, j’ai plus à faire, ou peu à mieux faire. Suis-je le seul? Non, je te l’assure. La peur, qui nous lie, ligue. Et quand l’on ne sait pas exactement ce que l’on veut, la ligue cause plus de dommage que de bien. Prends l’exemple des révoltes et pseudo révolutions du siècle. On aurait dit que sans effusion de sang,… Je suis navré et au risque de scandaliser mon futur (que certains aimeraient voir pour ce qui va suivre), je ne crois tout simplement pas que vouloir de la mort d’un autre humain soit humain. Oui, c’est aussi simple que ça. La chimère et le tyran ont eu pour fils le léviathan, mais pas chez nous; copier un type, c’est copier les faiblesses, qui étudie les leçons de l’échec des démocraties occidentales, qui cherche à mieux faire, qui concentre sa vie à conseiller le guide et pas à prendre sa place… J’en veux aux théories de leadership sur non sélectif des participants à ces séances… Je me demande désormais si ils ne servent pas le désordre… La vérité est indéniable : aussi vrai que tout le monde ne peut pas être chef de famille, de village à la ville, être chef de l’Etat n’est pas un prestige, mais une responsabilité immense. Il n’y a rien de plus à rechercher. L’histoire de la gloire des hommes, c’est de ceci qu’il s’est agit depuis des années. Cette course frénétique a pour finalité la mort, c’est clair; et si cette course frénétique pour la mort nous anime, et que la vanité de la gloire est identifié comme la source des malheurs (l’origine de tous les mots ne serait donc pas l’argent, mais le “moi”), je t’adresse une demande solennelle. Mais avant, voici ce qu’un russe, dans “Les Pacifistes contre la Paix” a pensé, ça concerne tous les lecteurs destinataire et non destinataires : Jamais au grand jamais la paix n’a été sauvée par le désir hystérique de survivre à n’importe quel prix. Le slogan “Plutôt rouge que mort” n’est que pure ineptie. Ceux qui le suivraient seraient et rouges et morts.

Je te veux pionnier de la démocratie africaine. Un peu comme le congolais l’a été durant des années selon son rôle de protecteur des valeurs et de l’authenticité de notre diversité, des secrets de l’Ifriya, aussi bien que le maghrébin soit gardien des portes du nord, lance avec la providence un air nouveau de bonté. CAR JE VEUX ME SENTIR CHEZ MOI. Je ne sais pas si tu comprends ce que je veux dire. Je me réveille dans la peur et la crainte de perdre des êtres chers. Tu n’es en rien une solution à cela. Comme nous tous tu ne peux qu’être un contributeur. Le vois-tu, ce fils ou cette fille de ce pays demandant la paix sans vraiment avoir une idée de ce qu’elle où il veut vraiment. Cher guide du moment, que lui dis-tu? Que ressens-tu quand tu nous vois dans la rue criant à la paix? Oui, je le pense comme toi, et peut-être plus peut-être moins, si en temps de conflit et de guerre, ce fils et cette fille s’avilit au point de tuer pour de l’argent, se vendre pour le plaisir, se donner la mort par caprice, et tout ceci, à tort ou à raison (?), qu’en sera-t-il en temps de paix? Que veut-il donc, cet homme et cette femme qui vole dans sa propre maison, et vend le lit de ses enfants à l’étranger du dehors, au lieu de faire de la construction de lit une profession, alors que nous sommes en guerre? Quel serait l’ampleur des dommages s’ils ou elles n’avaient rien à craindre du lendemain (quoi que les inconscients invétérés restent persistant)? Effrayant n’est-ce pas, que de donner la paix au méchant, car il prospère même dans l’adversité, sur la mort et la souffrance du bienveillant ! Nous méritons ce qui nous arrive? Je suis de ceux qui le pense. Tel est le cœur de l’homme, s’il n’est pas travaillé il n’en sort que des ronces et des épines. Tels sont les conséquences de la malédiction de sa curiosité, et de la bénédiction de la liberté et donc du choix. Et même aujourd’hui il veut faire à énergie dirigée. Contre qui prepare-t-il son combat? Le Divin? C’est perdu d’avance. Je veux me sentir chez moi, veut dire que je ne veux pas sortir de chez moi le matin en me demandant si je vais revenir le soir, marcher sans savoir si je vais arriver à destination, rencontrer des relations sans savoir si je peux faire confiance. Tu peux croire que c’est anodin, mais ça ne l’est pas. J’ai grandi ici, au Congo, et personne n’extrapole en disant, non sans humour, que ça devrait faire partie de compétence dans le processus de la recherche d’emploi. Ah la recherche d’emploi, au minimum, si je suis chez moi, je voudrais ne pas être enlevé par mon voisin parce que j’ai de l’emploi, ou enlever mon voisin parce que je n’en ai pas. J’ai confiance en l’Amour du prochain comme pour soi-même, une solution n’est-ce pas?

Je veux me sentir chez moi, ça veut dire que je ne veux pas avoir peur de toi, je ne veux pas d’un président parfait. Mais d’un guide, d’une autre pierre à l’édifice de la construction d’une nation, d’un exemple d’homme inspiré ; car de quoi avons-nous vraiment besoin? Pas d’une nouvelle communauté de l’anneau, pas d’un autre sauveur, mais d’un humain croyant en la Vie, avec ses forces et ses faiblesses comblées par sa Foi, mais avec ces incertitudes assagis par l’Espoir, avec le besoin de se faire aider, de se faire appuyer par ses concitoyens? ses frères. Beaucoup d’hommes et femmes comme moi, ont quelque chose à offrir, mais qui veut le prendre. Quand l’expression descente et modérée est un crime, l’homme s’adapte. De l’histoire du monde, tout a réussi le processus de l’adaptation à tout ce qui s’est présenté par devant lui à chaque fois. La répression à laquelle se sont adonné tes prédécesseurs a créé plus de résistance. Une résistance qu’ils ne comprennent même pas toujours. Mais on naît naturellement ainsi. Les difficultés sont à chaque fois transformés en défi. C’est plus facile quand ces difficultés sont naturelles. Que ceux qui l’ignorent le fassent, mais les principales difficultés que tous connaissons sont aggravées par l’homme, et des fois fabriquées par lui. “Quand on soumet un peuple par la violence, elle fait naître la résistance, Car en ce moment là, il n’a plus rien à perdre”.

J’ai l’impression que je ne t’ai parlé que de problème. Je partage la sensation que je ne sois pas trop utile. Comme dit plus en amont, cette sensation est en train d’être un sentiment partagé par plusieurs. Ainsi, la seule excuse a l’incapacité et la lâcheté est devenu l’alternance. Je n’en crois pas un mot. En effet, et personne ne le refuserait, il y a alternance par manque de confiance dans un homme, mais dans la confiance dans des institutions,mais je me questionne, est-ce une autre excuse?  En Afrique, ce phénomène quasi mondial a démontré ses limites, non point parce qu’elle n’est pas efficace, mais parce qu’elle a été sans histoire. Cette histoire se construit. Avec toi, avec tous.

J’espère que tu as su me lire, que ta pierre pèsera lourd, que tu me comprendras. Fais de ton mieux.

Ah, enfin, tu es mon futur ex futur président parce que le mandat du précédent n’est plus possible (Constitutionnellement parlant). Et si dans ce cas même, tu n’es pas celui que je pense, tu n’es pas le destinataire. Ma lettre l’attendra, scripta manent. Président, Tu le seras donc deux fois. Mais en deux fois seulement, je ne pense pas que ça suffise pour changer les gens. Tu passerais et ma lettre trouveras un autre. Tu feras sûrement quelque chose d’important pour tous, peut-être. Ce qu’ils demandent avant tout, ce n’est pas un héros. Mais un chef du peuple. Nous avons fait beaucoup en 50 ans. Et ce n’est possible d’aller plus loin qu’ensemble.

Signé,

Diem Tympanum

Un congolais comme les autres.

 

 

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