Mwanamuke Shuja Art Pour l’image positive de la jeune fille congolaise

Il est 6h00 à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo. Pamela Tulizo, 24ans, avec son appareil photo au coup s’appoche d’une vingtaine des jeunes filles qu’elle encadre dans « Mwanamuke Shuja Art », en Swahili « Femme Forte Art » qui est une organisation qui promet la femme au travers de l’art : la peinture, le dessin, la photographie et l’art plastique. Elle doit prendre chaque matin quelques photos dans la rue avant d’aller à son bureau. Elle milite pour montrer les forces de la femme.

pamela

Pamela Tulizo montre les jeunes filles comment utiliser un trépied (Crédit Photo: Christina/M!Shujart)

Il y a deux ans que Pamela a initié cette organisation des femmes artistes. Et jusque là tout avance bien. « L’idée c’est de faire découvrir le point fort des femmes dans une région longtemps secouée par les guerres et où on ne montrait que l’image de la femme en vulnérable » raconte Pamela, toute révoltée.

Son association est le fruit du projet de quatre mois « Colors of connexion » qui a réalisé deux peintures murailles dans la ville de Goma. L’une sur la femme sous le marché de l’emploi et l’autre sur la femme et les élections. Mwanamuke Shuja Art encadre 24 filles dont la plus part sont des filles mères et sans occupation professionnelle. En RDC, plusieurs filles mères peinent à trouver place dans la société. Avoir un enfant sans mari ni foyer est vu d’un mauvais œil par la communauté.

Agées entre 14 et 20 ans, aujourd’hui elles se sentent utiles à elles-mêmes et à la société. « Il y’a des histoires qu’on arrive pas à raconter par la parole qu’on peut facilement partager par l’art» partage Florence. Tous les jours ouvrables dans les avant-midi, ces filles passent leur temps à l’association. « L’art m’aide à me retrouver, à me connaître, toutes ses amies à mes cotés sont désormais ma deuxième famille, dans l’art je me comprends moi-même » explique Florence qui dépose une boite de peinture sur sa table dans l’atelier.

pamela Tuliza

Les filles discutent sur les photos prises dans l’atelier avec Pamela Tulizo

Dans les heures d’après-midi ces filles fréquentent des écoles des récupérations aux frais de l’association qui a bénéficié d’un financement pour leur scolarité. « Elles sont amoureuses de l’art, et les études c’est leur rêve et une opportunité en or » pense Pamela qui veut donner un briefing sur la photographie.Pour elle, partager ce qu’elle connaît en photographie avec ces filles est une dette qu’elle paye à la société et à sa propre conscience vu qu’elle a été formée gratuitement. « je côtoyais juste plusieurs photographes et je leur posait des questions sur la photo. Et un jour un ami photographe me dit qu’il va m’apprendre. Martin Lukongo, l’un des meilleurs photographe de Goma m’a formé » narre cette photographe qui se reconnaît redevable. Dans cette lutte, les hommes ont un rôle à jouer.

Si Pamela a été formée par un homme, les autres hommes doivent encourager la jeune fille. Pamela n’a qu’un rêve: voir toutes ces filles s’approprier une phrase : « je peux, peu importe que je sois fille » !

– Par Innocent Buchu

Advertisements

4 thoughts on “Mwanamuke Shuja Art Pour l’image positive de la jeune fille congolaise

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s